Quelques ajustements

Encore deux semaines avant le départ, mais je m’impatiente. Du coup, pour m’occuper, je rêvasse – et cherche à déterminer à distance ma galère mon itinéraire.

Voici en effet ce que j’ai glané en fouillant la toile en tout sens : vu du ciel, déjà…

Vous ne voyez rien? C’est normal. Je vous aide un peu avec un mince filet bleu :

C’est le Loing en été. A sec ou quasi. Pour y marcher, avec de surcroît vingt kilos de matériel sur le dos, ça risque d’être coton. D’autant qu’il n’existe aucun chemin qui le borde, pas même de sentier noir. Si l’on veut suivre la rivière, il faut couper à travers champs, IphiGéNie est formelle. Pas sûr que l’agriculteur local soit d’accord.

Naïvement, je pensais qu’un peu plus loin, sans jeu de mot, ça s’arrangerait.

Difficile à dire : le satellite ne montre rien puisque la couverture des arbres masque le cours d’eau.

J’ai donc longuement cherché d’autres informations visuelles. Sur les quelques clichés que j’ai trouvés ici, rien n’est véritablement encourageant : passages fermés…

Culs-de-sac de moulins désaffectés, avec contournements dans la jongle…

Profondeur d’eau variant entre la simple flaque, comme ici, un passage à gué – la flaque, c’est le Loing, si, si…

Ou bien des bords charmants, mais avec l’obligation de tirer le fourbi en marchant dans l’eau.

Je sais, au début, je trouvais l’idée marrante. Au début. Mais à présent, je ne suis plus sûr de rien. Sinon qu’en suivant strictement le Loing, je dois m’attendre à environ quarante kilomètres de difficultés pénibles. Déballer le kayak, marcher dans l’eau en le tirant, sinuer parfois entre les berges envahies d’orties, remballer, ou alors arpenter les champs sans même y trouver de chemin, à moins de faire quantité de détours sur des petites routes, de m’éloigner de la rivière et de passer les cinq premiers jours en bête randonnée même pas belle, chargé comme un bourricot. En comptant large : quatre jours de pure galère.

Problématique quand je n’ai tout au plus que dix jours à consacrer à cette escapade.

Mais malgré tout : je veux partir de la source, je n’en démords pas. Têtu.

Comment faire?

Réfléchissons. Je pourrais laisser le kayak quelque part en aval, le jour du départ, me faire ensuite déposer à la ferme du Loing et parcourir quelques kilomètres à pieds. Dix maximum, vu l’aspect de l’itinéraire. Puis, de ce point qui reste à définir, selon ce que j’aurais vu, je pourrais tenter d’arpenter la ripisyvle ou bien prendre un bus ou faire du stop jusqu’au canal de Briare pour commencer enfin à pagayer.

J’aurais ainsi tout loisir de voir si la difficulté vaut le coup d’être affrontée, ou bien s’il est beaucoup plus intéressant de la contourner parce que décidément inextricable.

Voyons sur la carte. Saint-Sauveur en Puisaye. Petite commune située à environ dix kilomètres de la source. Parfait. Pas de camping, encore moins d’aire de bivouac. Un hôtel? Non plus. Ah, une chambre d’hôte. Bien notée. Super. Réservation, courriel pour demander à laisser le kayak le matin, acceptation de l’hôtesse avec un mot sympa. Bon! C’est calé.

Et bien voilà : fin prêt! Il n’y a plus qu’à attendre le départ.

C’est long deux semaines…