Marine Park, suite et fin.

Un vendredi soir, dans la voiture, de retour d’une réunion de travail : 40 minutes pour faire 17 kilomètres…

Nuit précoce, route saturée, pluie froide… décidément, je me dis qu’en matière d’arrêt au rouge, j’étais mieux en Mer… rouge, plutôt qu’ici.

Besoin de bleu, du coup, pour compenser. Je ferme les yeux et hop, me voici de retour à la chaleur, aux eaux turquoises et à la lumière solaire. C’est prodigieux le cerveau tout de même!

J’en oublie de démarrer au vert et les furieux, derrière, me rappellent au réel à grands coups de klaxon rageur. Bah! Ils peuvent toujours corner, je suis loin.

Je suis de retour à…

Daedalus

Extraits de mes notes prises le 17 août :

“Je ne sais pas qui a baptisé ce site du nom du célèbre architecte athénien – à qui l’on doit le labyrinthe, évidemment, mais aussi le Cheval de Troie. En arabe, le site s’appelle Abu Nizan – et ça n’a rien à voir avec Paul. Nizan.”

Où l’on voit que les notes, parfois, hein… Bref.

Bon. Qu’est-ce qu’on fait à Daedalus?

Ahhhh. Et bien, d’abord, c’est l’un des sites majeurs de la Mer Rouge. Pour les plongeurs, s’entend. Il s’agit d’un récif qui se trouve à environ 80 km à l’est de Port Ghalib, d’où nous sommes partis il y a une semaine, puis revenus pour refaire le plein de tout un tas de trucs – eau potable, carburant, nourriture, etc.

Sur le bateau, où nous sommes confinés par les autorités portuaires, je me fais la réflexion euphorique qu’après une semaine de plongées successives – semaine à l’issue de laquelle se terminent d’ordinaire les croisières en Mer Rouge – il nous reste, quant à nous, une autre semaine à profiter pleinement, et sur des sites où je ne suis jamais allé !

Quand on repart du port, je savoure donc d’autant la navigation qu’elle a ce goût particulier des moments exceptionnels.

Cette vue par exemple. C’est quand même autre chose que les bouchons franciliens sous la pluie, non?

Daedalus, c’est un récif donc, sur lequel on peut rencontrer plusieurs espèces de pélagiques – comprendre : des espèces du grand large – comme le requin longimane, mais aussi des bancs de requins marteaux, des gris de récif ou bien le très rare requin renard. Et là-dessus : des thons, des carangues géantes, même des raies mantas si on a de la chance. Pas mal.

Le récif est surmonté d’un phare. On y va?

Grimpette exiguë jusqu’à une salle avec un grand trou à même le sol, d’où je prends la photo. Ensuite? Ciment ébréché, pas de rampe et échelle rouillée pour accéder au sommet. Un pas de travers et zou : la chute sera moche. Mais curieusement, ça me fait du bien de trouver un endroit qui, pour être ouvert aux touristes, n’est cependant pas défiguré par la surenchère de protections variées qu’on trouve sur le moindre monument occidental… Un parfum de liberté d’avant les contrats d’assurance et les délires sécuritaires. J’en suis tout joyeux – il m’en faut peu.

Vous voulez voir la vue?

Allez. Redescendons et voyons ce qu’il y a dessous.

Malheureusement, en deux plongées sur ce site, nous ne croiserons aucun longimane. En revanche, plusieurs requins gris, et, finalement, un requin-marteau solitaire et curieux, attiré par nos bulles. Vu de dessus,  peut-être à cause de sa nage toute en ondulation, il me fait penser à un crocodile Haribo, comparaison qui ne lui rend pas hommage mais à laquelle je n’ai pas pu m’empêcher de songer en le voyant évoluer.

Le soir, du pont supérieur où nous prenons l’apéro, l’incroyable se produit : un requin renard jaillit dans une gerbe d’écume, saute et s’abat sur la surface. Deux fois. Il pêche en claquant sa queue – aussi longue que le reste de son corps et qui lui vaut son surnom – afin d’assommer ses proies. On reste tous pantois d’avoir assisté à une telle scène et ce d’autant qu’aucun d’entre nous n’a eu le temps de se jeter sur un appareil. Pour avoir une idée visuelle de la scène, tapez “saut de requin renard” sur n’importe quel moteur de recherche, vous verrez.

Elphinstone

18 août.

Nous plongeons à deux reprises. Voici ce que j’ai noté sur mon carnet :

“45′, profondeur max 41m. Du jus. 1 requin gris lointain. Gros napoléon et sa femelle curieuse. Avec François et Lilian”. Ledit Napoléon :

“52′, prof.max 38m. Du jus à la pointe. Pas de requin. Magnifique tombant vertical plein de vie fixée.” Et des éventails de gorgones tout simplement gigantesques.

Le “jus”, c’est le courant, assez fort. Mais comme ce courant amène toute la chaîne alimentaire, laquelle attire les grands pélagiques qui viennent y casser une graine, on ne va pas s’en plaindre. Cela dit, aujourd’hui, de grands pélagiques : pas plus qu’hier. La nature ne pointe pas à heure fixe, et c’est tant mieux. Un poil décevant mais du coup : il faudra revenir… Hé hé.

Et entre deux immersions?

Glandouille, repas, café, litres d’eau, lectures spécialisées… Et puis, à la nuit tombée : à l’eau de nouveau. Dans l’encre de chine traversée par les raies lumineuses de nos phares.

J’adore l’ambiance des plongées nocturnes. Je ne parviens hélas pas à en capter toute la magie avec mon petit appareil : sinon dans ce cliché assez drôle de Lilian, auto-éclairé, et qui semble assis sur un vélo.

La nuit, apparaissent des espèces invisibles le jour, telle la fameuse danseuse espagnole, un nudibranche d’une taille et d’une couleur exceptionnelle.

Les comatules se déploient…

Les fantastiques gorgonocéphales semblent des ronces vivantes, animales, qui s’enroulent et se déroulent en spirale sous la lumière artificielle… Certains d’entre nous éprouvent en face de cet échinoderme la même réaction de rejet viscéral que face aux araignées. Pas moi. Je les trouve littéralement hypnotiques.

Et puis, surtout, la nuit, c’est la curée! Les gros prédateurs traquent les moyens qui font à leur tour trembler les petits, lesquels se cachent dans le moindre interstice de corail, exorbités. Pas sereins du tout – on les comprend. Pour se protéger toutefois, certaines espèces, comme le poisson-perroquet, sécrètent autour d’elles une drôle de bulle qui leur fait une tente d’invisibilité jusqu’à l’aube. Ceux qui n’ont pas cette possibilité, ou une chouette anémone pour s’y cacher, ne dorment pas beaucoup…

Nous replongerons de nuit dans quelques jours, de retour du Sinaï, et nous serons percutés par des bancs de glass-fish pris de panique tandis que des escadrilles de carangues énormes, bombardiers argentés, viendront les gober par poignées. Incroyable!

J’y prendrai également en photo cette magnifique murène, toute timide mais curieuse, que je surprendrai à force de patience, en cachant ma lumière pour ne pas l’effrayer puis en l’éclairant brièvement le temps d’un unique cliché. P’tite mère.

Les Brothers

19 août

Deux îles plates et pelées, une petite – small Brother – et une plus imposante, surmontée d’un phare – big Brother, logiquement.

François provisoirement abattu par une turista carabinée, je plonge avec Lilian, d’abord sur small Brother.

La mer s’est un peu creusée au matin et la sortie en zodiac chahute pas mal. J’aime quand ça bouge et à en juger par le sourire-banane de Lilian, je vois que je ne suis pas le seul à aimer le rodéo.

Pour être tranquille, nous faisons le choix tous les deux de partir à l’opposé du groupe ; nous serons donc absolument seuls pendant une heure. Le long d’un tombant fabuleux au large duquel passent des requins gris, des thons, des barracudas énormes ainsi qu’un diodon superlatif. Au retour sur le bateau, les autres, survoltés, nous apprennent qu’ils ont assisté à un festival : longimanus, marteaux, gris… Lilian et moi nous réjouissons pour eux avec un petit pincement de déception vite oublié : avoir été seuls sur un site comme les Brothers, c’est tout aussi exceptionnel.

A la deuxième plongée sur “petit frère”, nous faisons cependant le choix de rester avec le groupe : on ne sait jamais. Mais les longimanes et les marteaux sont définitivement partis. Restent tout de même plusieurs gros gris et surtout, régal pour l’oeil mais hélas trop lointaine pour la photo : une magnifique raie manta qui vole le long du tombant!

Big brother : la troisième plongée est mon dernier espoir de croiser le longimanus. Lorsqu’ensuite, nous allons faire route au Nord, il n’y en aura plus. Tandis qu’ici, en principe… Et comme pour confirmer, l’équipage nous en signale deux gros sous le bateau : vite!

Hélas, le temps de s’équiper, plus rien : les longis sont allés voir ailleurs.

Après la plongée, très belle, mais légèrement déceptive du fait de l’absence de ces squales, Lilian et moi laissons les autres remonter puis nous restons un long moment sous le bateau, à attendre. A guetter.

En vain. Quand ça ne veut pas… Pas grave! Je reviendrai – comme dit l’autre.

Au Nord

Du 20 au 23 août.

Dernière boucle et fin du voyage. Depuis les Brothers, nous remontons vers le Sinaï en naviguant toute la nuit. La température vespérale fraîchit enfin – tout est relatif, mais après les suées moites du sud, un petit trente-deux ventilé est le bienvenu.

Ras Mohamed

Un tombant très célèbre qui plonge à pic sur 800 mètres. Sous les palmes, malgré une visibilité moyenne, turbide, le bleu profond est vertigineux.

Sur le plateau, nous découvrons les restes de la cargaison du Yolanda. L’épave a d’abord coulé sur le plateau, dans les années 80, puis une tempête l’a précipitée par le fond. Ne restent que les vestiges d’un fret surprenant.

Et oui : certains navires coulent avec des coffres emplis de pièces d’or ou des amphores, d’autres, c’est avec des chiottes… O tempora o mores, comme on dit dans les pages roses.

De Ras Mohamed, nous contournons ensuite la pointe du Sinaï et entrons dans le golfe d’Aqaba. Beaucoup plus fréquenté que sous le tropique du Cancer.

Golfe d’Aqaba

Les côtes égyptiennes du Sinaï, jadis désertes, ont vu fleurir toute une kyrielle de stations balnéaires qui font face au littoral saoudien, désertique, crêtes minérales teintées de pastels ocres. 

Des centres touristiques, comme Charm El Sheik, sont dédiés à la plongée, à l’apnée, au kite-surf, mais également à cette maladie contemporaine qu’on rencontre un peu partout désormais, dès lors que le décor comporte un banc de sable et trois palmiers en pot, et qui consiste à s’abrutir d’alcool en meuglant sur fond de bouillasse techno. Ainsi, sur les ponts de bateaux sortis à la journée, des hordes de jeunes beaufs ivres et tatoués brament-elles en polluant l’atmosphère de basses sourdes. Fuyons.

Dahab

Nous plongeons dans des failles qui font des arches magnifiques. Là encore, le décor naturel a l’aspect de quelque cité engloutie. Et l’ambiance dans les canyons gorgés de vie est magique.

Le jardin de corail est magnifique. J’y trouve des formations en forme de laitue que je n’avais encore jamais vues.

Blue Hole

A la hauteur de Dahab, où ont là aussi poussé des immeubles, nous nous arrêtons non loin de ce grand trou circulaire qui sert de terrain de jeu aux apnéistes et que visitent, en surface, des dizaines de badauds qui pédalent dans le bouillon.

L’ambiance du cratère est étonnante : on y parvient en franchissant un bourrelet de corail où butinent des anthias…

De là, on plonge dans le bleu.

A l’intérieur, la lumière et le son sont curieusement ouatés. L’ambiance y est très étonnante. Plus sombre, comme plus dense.

On ne peut pas descendre jusqu’au fond qui, je crois, est à une centaine de mètres. D’abord parce qu’on respire de l’air enrichi en oxygène et que notre plancher est à 40 à cause de ce mélange gazeux, et ensuite parce que les plongées profondes, au-delà de 70 mètres, nécessitent l’utilisation d’autres matériels que les nôtres. Des recycleurs par exemple.  De toute façon, si j’en juge à l’aune des innombrables détritus dont j’emplis les poches de mon gilet, le fond doit ressembler à une décharge…

Nous faisons une autre plongée amusante, au cours de laquelle j’emboîte les palmes de François, remis de sa dysenterie foudroyante, tête en bas dans un boyau étroit creusé à même falaise de corail et qui ressort 20 mètres plus bas, à 40. Ludique.

La mer s’est creusée à la remontée. Nous attendons patiemment les zodiacs, bercé par une houle puissante qui nous fait dériver. Le retour à bord du bateau est un peu sportif, mais il faut avoir un peu navigué soi-même pour mesurer tout le génie du capitaine de l’Odyssey qui manoeuvre les 40 mètres de son navire avec une science impressionnante.

Quittons Dahab.

Pour aller nous ancrer plus bas, dans l’anse de Gabr el Bint.

Sur la plage, un jeune type sorti de nulle part s’est assis. Il attend. 45 à l’ombre de chaleur sèche pulsée par la montagne. Un membre de l’équipage lui apporte un colis et l’ado disparaît dans l’aridité du Djebel.

Là, nous effectuons une magnifique plongée crépusculaire : le jardin de corail est chargé de vie – murènes, comatules, poissons coffres, thons, tazars et j’en oublie – et puis j’aime quand la lumière décroît tandis que nous sommes sous l’eau et que le bleu prend des teintes profondes frangées d’indigo.

Le soir, pour fêter tout ça dans cette solitude de bout du monde, Bruno – pour mémoire, directeur de plongée et concepteur de cette croisière d’exception – fabrique à l’envie tout un tas de cocktail en balançant des scies des années 80 dans la lumière fluorescente : la croisière s’amuse…

Détroit de Tiran

21 août

A l’entrée du golfe d’Aqaba, à la pointe du Sinaï, les courants marins forment une houle puissante. Nous avons attaché sur le bateau tout ce qui était susceptible de valdinguer et nous nous laissons bercer – balancer même – par les creux. Certains se concentrent, en proie à une vague nausée…

Tandis que d’autres, qui ont la chance de ne pas connaître le mal de mer, s’amusent du tangage et du roulis en observant les porte-containers innombrables qui remontent vers Eilat.

L’épave du Thistlegorm

22 août.

La visite sous-marine de ce navire britannique, coulé en 1941 par un raid aérien allemand, fait partie des plongées les plus célèbres du monde. L’épave est magnifique et on y trouve de tout : camions, motos, deux locomotives, matériel militaire, obus… Un véritable musée englouti. Ainsi qu’une vie très riche.

Mais pour moi, au-delà de l’intérêt de la plongée elle-même, l’émotion est ailleurs.

Le Monde du Silence

Parce que c’est précisément cette épave que les plongeurs de la Calypso explorent au début des années 50, dans le Monde du Silence, ce film incroyable découvert un mercredi matin de 1975 au Centre Culturel de Melun, et dont les images m’ont durablement impressionné, au point que pendant quelques temps, je n’ai plus dessiné que ces fascinants homme- grenouilles, dont j’imitais les bascules arrière à la piscine municipale, une main sur les lunettes, une autre sur le détendeur imaginaire, avant d’aller en apnée traquer les profondeurs carrelées et chlorées du grand bain en relâchant de temps à autre quelques bulles pour parfaire l’illusion.

Une anecdote. De retour du Mexique, en 2008, où j’avais passé quelques temps à arpenter les tombants coralliens de Cozumel, je décide de montrer ce film fondateur à mes filles alors âgées de 10 et 8 ans.

– Vous allez voir les filles, c’est énorme!

Et de fait, nous voyons. Certes, les plongeurs et leurs torches de mystagogue, la danse des dauphins le long de l’étrave, mais aussi, au bout de vingt minutes, cet effroyable carnage de squales torturés à la gaffe et abattus sur le pont à coups de masse, sur fond de musique aux accents wagnériens.

Petites mains crispées sur les jambières de pyjama, à mes côtés, regards exorbités. Vite : stop – et merde alors, je ne me rappelais pas cette scène. Je n’avais pas revu ce film depuis que j’avais le même âge qu’elles.

Alice, horrifiée :

– Mais pourquoi ils font ça ? C’est affreux !

Camille, plus neutre, mais néanmoins catégorique.

– Il est dégoûtant ton film, Papa.

Geste fataliste.

– C’était une autre époque, les filles, c’était

– tu fais ça, toi aussi ?

– Non ! Pas du tout.

Et de promettre solennellement que non, je n’étripe pas le monde de Nemo au crochet de boucherie, et que, oui, ces temps héroïques et barbares sont révolus, sauf peut-être au large d’Hokkaido, et que non, on ne prélève plus le corail au burin, et que certes, si l’on mange encore du poisson grillé au bout des harpons, on le pêche invariablement à la loyale, en apnée : de sorte que la daurade a toujours sa chance, ma chérie.

Retour au Thistlegorm

Deux plongées au total. Pas mal de monde sur la première, Lilian, François et moi seuls dans les cales à la seconde. On y va?

Après une descente le long d’un bout attaché à l’un des canons, nous explorons d’abord les extérieurs du navire. Dessus, dessous.

Tout y est : les obus…

Les locomotives éjectée sur le sable…

Les curieux poissons-crocodiles déjà aperçus à Ras Mohamed.

Mais ce que je préfère avec les épaves, c’est entrer dedans.

Lilian, François et moi nous organisons pour nous écarter du groupe et pénétrer dans le navire à un autre endroit que les autres.

A l’intérieur, nous nous amusons des motos entassées, incroyablement bien conservées. Celle-ci a perdu sa selle mais d’autres les ont encore.

Dans l’obscurité de certaines cales, l’ambiance est mystérieuse.

Ou onirique.

En tout, sur 56 minutes d’immersion, nous passerons tous les trois 40 minutes dans les cales, à sinuer dans ce labyrinthe extraordinaire. Mémorable!

Bluff point

Nous nous ancrons ici, dans une anse abritée, pour la soirée.

En attendant la plongée de nuit, François et moi décidons d’aller faire un tour de palmes-masque-tuba sur le récif. Je n’emporte pas mon appareil et je ne sais pas encore que je vais m’en mordre les doigts…

Cette sortie en apnée, prévue comme une balade, s’avère en effet une immersion absolument extraordinaire. La vie est d’une richesse incroyable et puis surtout, nous tombons sur un immense banc de glass-fish que nous passons de longues minutes à observer, fascinés : cette boule protéiforme de milliers de petits poissons argentés forme un ensemble pulsatile, une espèce de respiration faite de grands mouvements d’ensemble, assez semblable à ceux des boules d’anchois en Méditerranée, mais ici étiré, immense.

Mais surtout, comme si l’émerveillement ne suffisait pas, une raie aigle jaillit, majestueuse, du récif. Je la montre à François. Nous la regardons disparaître dans le bleu puis, contre toute attente, revenir vers nous, curieuse visiteuse qui s’approche à moins d’un mètre, nous tourne autour : de si près, on en distingue tous les détails : ses taches ocellées sur son dos, sa bouche blanche, ses yeux, les poissons-pilotes ventousés… Elle vole et virevolte autour de nous, pendant un moment qui nous paraît très long, puis elle s’éloigne, nonchalante, élégante.

Mais pourquoi donc ai-je laissé l’appareil à bord? Quel couillon!

La dernière

23 août, à l’aube. Une heure à 20 mètres, dans le jardin de corail. Nous en profitons pour faire un peu les andouilles.

Saluer les clowns…

Leurs cousines domino…

Ainsi que d’autres demoiselles, plus excentriques, en robe charleston…

Une femelle Stenella vient à son tour nous dire au revoir…

Et nous regagnons l’échelle. A regret.

Hurghada

Rangements variés et séchage du matériel pendant notre dernière navigation.

A Hurghada, à quai, nous profitons de notre dernière soirée pour aller faire un tour sur la Marina, dont les décors ressemblent à tous ceux qui sévissent de part et d’autres du globe, dans ces endroits que le tourisme de masse transforme invariablement en disneyland uniformisé.

Autant retourner au bateau y boire un dernier coup sur le pont arrière.

Ainsi s’achève ce dernier – et copieux – article sur Marine Park.

Lilian Magan – à gauche sur la photo – a créé une chaine You Tube sur laquelle il publie ses montages vidéos. Pour voir ce qu’il a filmé pendant notre croisière, c’est par ici !

Et un grand merci à Bruno Brechler, de Seafari, ainsi qu’à Felix, Migo et tout l’équipage de l’Odyssey.

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