Qui suis-je?9 mn de lecture

Je m’appelle Patrick et tu l’auras compris, j’aime m’échapper le plus souvent possible loin des foules et des sentiers battus.

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Cela étant, j’ai bien conscience que c’est un peu court comme présentation. Commençons donc par…

Le début

J’ai commencé à marcher à la fin des années soixante, équipé par la NASA qui dictait à l’époque la mode enfantine.

J’ai adoré cet exercice étrange et l’ai peu à peu perfectionné, découvrant très tôt les différents moyens d’exploration que l’on retrouve aujourd’hui dans les rubriques du site. Pas de hasard : tout prend sa source à l’enfance!

Ainsi de la randonnée,

Des navigations gonflables,

Ou bien des explorations sous-marines.

Suite logique

Sur ces bases prometteuses, j’ai continué de grandir, mû par la curiosité, les lectures et la soif de découverte, attiré par tout ce qui pouvait s’étendre au-delà des limites du connu. J’ai élargi peu à peu le cercle de mes explorations grâce aux dix vitesses de mon vélo, à fond de pédales le long des champs piquetés de coquelicots, puis j’ai appris à dériver à la voile, à grimper des falaises, à dormir sous les étoiles, tout cela pour finalement, à peine majeur et enfin libre, m’en aller crapahuter un peu partout.

Encore lycéen, j’ai entrepris un premier périple humide en auto-stop à travers l’Irlande.

Puis, après mon bac, payé pour encadrer des groupes, j’ai découvert les ciels immenses du Grand Nord,

Les routes sans fin du Nouveau Monde.

J’ai tellement aimé ça, voyager – prendre mon sac, me retrouver sur un quai de gare, dans un port, sur un tarmac dans les odeurs de kérosène – que j’ai abandonné la Sorbonne où je m’ennuyais ferme pour me faire employer par des tour-operator.

Ce qui m’a permis de vivre aux Antilles, au tout début des années 90.

Ou dans le Sahara tunisien, à Tozeur, où j’ai habité un an et que j’aimais arpenter à l’heure de la sieste.

Retour en France

Après trois ans de pointillés variés sur la mappemonde, je me suis installé à Nîmes. Mon voisin était torero et j’avais l’impression de vivre dans les chroniques d’Hemingway. Il me guidait dans les arcanes du monde étrange de la corrida et je lui servais parfois de chauffeur lors de tournées en Espagne – des pleines valises de souvenirs!

Après avoir un temps vécu d’expédients, lassé des petits boulots, j’ai repris l’université à l’automne tout en vendant du matériel d’escalade que j’allais essayer dans les gorges du Gardon, à Collias ou Russan.

Après trois années de vaches maigres, mais aussi de rires et d’amitiés, je me suis marié avec la femme qui partageait ma vie depuis les Antilles. Nous sommes allés arpenter le Mexique en sac-à-dos pour fêter ça. 

Après quoi, j’ai réussi le concours de professeur de lettres et suis devenu papa.

J’ai exercé en Lozère d’abord, où j’aimais marcher dans la neige épaisse des rives du lac de Charpal avec ma fille au chaud dans le porte bébé, puis j’ai demandé à être envoyé sur le front russe de l’Education Nationale, en proche banlieue parisienne, où ma femme elle-même avait été affectée.

Je me suis bien amusé avec mes élèves, mais l’environnement urbain de la petite couronne n’était décidément pas mon biotope. J’ai donc rapidement bougé, pour revenir en bordure de ma chère forêt de Fontainebleau dix ans après l’avoir quittée.

Avec un collègue grimpeur,  j’ai renoué avec les joies du bloc à Bleau.

Copyright François Kivik

Ma fille aînée a vu naître sa petite soeur, le premier jour du XXIème siècle.

Sur quoi, avec leur mère, j’ai acheté et retapé une vieille maison de village, entre Seine et forêt – en soi, une drôle d’aventure.

Bougeotte, le retour.

Tout aurait été pour le mieux si je n’avais pas eu, progressivement, la sensation étouffante d’être pris au piège dans une vie qui ne me convenait pas.

Maison revendue, divorcé, je me suis offert un an de grandes vacances ; j’ai repris mon sac à dos pour aller l’aérer aux quatre coins, en revenant régulièrement pour m’occuper de mes filles.

Je suis d’abord allé me poser sur une petite île bordant le golfe du Mexique.

J’en arpentais les plages désertes le jour, bordées de végétation où paressaient des iguanes impavides.

Je passais des heures également à marcher sur les bancs de sable, dans l’eau chaude et claire, en compagnie des limules – ces drôles de créatures âgées de 400 millions d’années qui me donnaient l’étrange sentiment d’errer dans le Monde Perdu de Conan Doyle.

Le soir, je prenais mon repas les pieds dans le sable, à la terrasse du Colibri, un restaurant coloré décoré de vieilles photos. Comme nous étions totalement hors saison, j’y étais le plus souvent seul. Des habitués, parfois, sortaient des guitares et y chantaient de vieilles romances espagnoles. J’aurais pu rester là quelques millions d’années, moi aussi…

Je suis retourné aux Antilles, ensuite, où j’avais vécu en des temps qui me semblaient désormais bien lointains. L’hôtel où j’avais séjourné – et rencontré la mère de mes filles – avait été rasé par un cyclone. Du charmant bungalow de bois peint où nous avions vécu notre première année commune ne subsistait plus qu’une pauvre dalle en ruine : tout un symbole!

Aux Antilles cependant, en retrouvant les jardins de corail où j’aimais jadis me perdre en apnée, j’ai décidé de me mettre sérieusement à la plongée sous-marine que je n’avais jusqu’à lors pratiquée qu’en dilettante.

Nanti rapidement de mes deux premiers niveaux, je suis ensuite allé rendre visite à mes rêves d’enfant, sur les traces de la Calypso et du Monde sans soleil.

Au bout d’un an, changé, recalé en quelque sorte, et parce que j’avais fait le tour de mon rôle de professeur mais que que je ressentais encore le besoin de m’investir dans l’univers de l’éducation, j’ai réussi le concours de chef d’établissement : mon métier encore aujourd’hui, lequel me laisse moins de temps libre qu’auparavant mais me permet encore – c’est heureux – d’aller jouer à droite et à gauche, sur terre ou sous la mer. Ce qui nous amène à la question suivante :

Pourquoi ce site?

Et bien parce que pendant dix ans, j’ai emmené mes filles dans de belles échappées libres : grimper sur les montagnes l’été, les dévaler l’hiver, camper sur les lacs perdus du Nouveau Monde, road-triper en Asie, aller voir les cachalots sonder dans l’Arctique, j’en passe : les idées ne m’ont pas manqué.

Puis mes filles ont grandi et se sont mises à faire ce pour quoi je les avais élevées : construire à leur tour leurs propres projets. Plus besoin de moi pour sillonner Central Park à vélo.

Je me suis donc trouvé, à 50 ans, avec de vastes perspectives d’aventures pour partie solitaires – puisque la femme qui partage aujourd’hui ma vie préfère de loin les orteils en éventail aux ampoules crevées qui suintent dans les chaussettes. Elle me laisse donc aller tout seul faire le zouave dans la nature, et m’organise ensuite des convalescences sur mesure dans des environnements plus confortables. 

Voyager en solo ne me gêne pas – j’aime cette indispensable sensation de liberté et d’engagement que j’éprouve en me déplaçant seul – mais pour autant, je n’ai rien non plus d’un ermite. J’aime échanger les anecdotes, les impressions et les émotions que je vis dès que je sors de ma zone de confort.

Avant ce site, l’idée du blog s’est donc imposée. Je me disais en effet que j’allais pouvoir être seul lors de mes sorties, comme je l’apprécie, tout en restant relié le soir, lors de la rédaction des articles, à un petit cercle de lecteurs proches ou moins proches.

J’ai créé un premier essai à l’occasion de ma Route de Saint-Lu, pour partager cette marche loufoque avec ma femme, mes filles, mes amis.

Les retours positifs que j’ai eus tout au long de l’aventure, ainsi que l’exercice lui-même, m’ont ensuite donné envie d’aller plus loin. Grâce aux conseils limpides de Jean, webmaster du site Pour pas un rond, j’ai débuté ces carnets 2.0 en 2018.

Mes Fantaisies Buissonnières se sont enrichies peu à peu, au fil de mes excursions, et j’ai encore de belles réserves d’idées pour les nourrir encore longtemps.

Continuons à faire connaissance

Outre que tu as tout latitude pour m’écrire via le formulaire de contact, je te conseille la visite de la page du bazar dédiée aux articles inclassables : réflexions et expériences variées te permettront également d’en savoir un peu plus sur la manière dont j’envisage l’aventure, le voyage, le blogging…

Une dernière chose

A propos du titre “Fantaisies Buissonnières”.

Lorsque j’ai crée ce site, j’ai cherché un nom qui pourrait se trouver assez facilement dans les moteurs de recherche et qui correspondrait bien à l’esprit de ces petites aventures. Je me suis donc livré à l’exercice habituel du remue-méninges, crayon-papier, en listant des possibilités. La dimension fantaisiste, ludique et enfantine était importante. Le côté “école buissonnière” l’était tout autant – et me paraissait de plus amusant pour quelqu’un dont le monde scolaire constitue le quotidien professionnel. J’ai donc réuni un substantif, les Fantaisies, forcément plurielles, avec l’adjectif Buissonnières. Le nombre de noms de domaine disponibles était très important et aucun moteur de recherche n’affichait ces deux termes ensemble. Banco, donc.

Pourtant, j’ai pu découvrir que ce titre avait des résonances auxquelles je n’avais pas du tout songé.

Lors d’une randonnée, un marcheur avec lequel j’avais sympathisé au refuge, et auquel j’avais donné le nom de mon blog s’est esclaffé.

“Tu es sûr que c’est pas un site échangiste, ton truc? Ça fait un peu genre on se culbute dans les buissons, non?”

J’étais scié.

“Mais non, pas du tout, enfin!”

Contrarié, en regagnant ma tente, je ne trouvais plus mon titre aussi formidable qu’avant. Puis j’ai fini par songer en souriant que les connotations, quelles qu’elles soient, sont de toute façon singulièrement incontrôlables. Et j’ai gardé le nom du site, amusé à l’idée qu’un lecteur qui croirait pousser la porte d’un club libertin se retrouve en fait dans l’univers du Vieux Campeur…

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