Qui suis-je?

Commençons par le début :

J’ai commencé à marcher il y a cinquante ans, équipé par la NASA qui dictait alors la mode enfantine.

J’ai adoré l’exercice et aimé très tôt parcourir les bois où m’entraînaient mes parents, tout à la joie de mettre dans mon sac une boussole que je ne savais pas lire, un Opinel qui m’entaillait invariablement les doigts et un rouleau de ficelle destiné à franchir, en imagination, des rapides mortels ou des précipices sans fond.

Au vrai, je me suis surtout barbouillé de mûres arrachées aux terribles griffes des ronces.

Puis j’ai grandi encore, élargissant le cercle de mes explorations grâce aux dix vitesses de mon vélo, à fond de pédales le long des champs piquetés de coquelicots.

J’ai appris à dériver à la voile, à descendre des rivières, à grimper des falaises, à dormir sous les étoiles, tout cela pour finalement, tout juste majeur, m’en aller jouer de la moue ténébreuse dans des ports industriels.

Comme l’image ne le montre pas, j’ai adoré chacun de mes voyages. Les tropiques, si difficiles à quitter…

Le Grand Nord aux ciels immenses…

Les rencontres impromptues, comme celle-ci, au sortir d’une forêt mexicaine, après avoir suivi un chouette sentier qui ne figurait pas sur la carte…

Souvenirs!

J’ai tellement aimé ça, non pas ce genre de surprise, n’exagérons pas, mais le voyage en lui-même, que j’en ai un temps fait mon métier, employé par des Tours Operator.

Ce qui m’a permis de vivre aux Antilles.

On est prié de ne pas rire des lunettes et de la chevelure.

Puis dans le Sahara tunisien, à Tozeur, où j’ai habité un an et que j’aimais arpenter à l’heure de la sieste.

Après trois ans de pointillés variés sur la mappemonde, je me suis installé à Nîmes. Mon voisin de palier était torero.

Ensemble, on a un peu fait les zazous.

Puis j’ai repris la fac par correspondance tout en vendant du matériel d’escalade que j’allais essayer sur les falaises provençales. Pas de photo pour l’instant, j’attends quelques vieilles diapos d’un comparse…

Je suis devenu père en même temps que je réussissais le concours de professeur de lettres.

J’ai exercé en Lozère d’abord, entre Aubrac et Margeride où j’aimais marcher entre les genêts avec ma fille dans le dos, puis en Seine saint Denis.

Pour finir par revenir à mon point de départ dix ans après l’avoir quitté, en bordure de ma chère forêt de Fontainebleau. 

Ma fille aînée a vu naître sa petite sœur, au seuil du XXIème siècle.

Et puis à quarante ans, pour des tas de raisons, j’ai pris un an de grandes vacances. J’ai retrouvé le plaisir du large et je me suis mis sérieusement à la plongée que je n’avais jusqu’à lors pratiquée qu’en dilettante.

On dirait un Teletubbies, non?

Je suis allé rendre visite à mes rêves d’enfant, en Egypte et au Soudan, sur les traces de la Calypso et des ruines du Monde sans soleil

Sur quoi, de retour, j’ai passé et réussi  le concours de chef d’établissement.

Mon métier encore aujourd’hui.

Lequel me laisse moins de temps libre que quand j’étais enseignant, mais tout de même largement de quoi faire l’andouille à droite et à gauche. Ce qui nous amène naturellement à la question suivante :

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