Des coches

Titre notoire d’un essai de Michel de Montaigne, ce stoïque compagnon. Des coches, aujourd’hui, je vais en prendre quelques uns…

Mais d’abord, quitter Amboise à contre-courant des aventuriers multipoches débarqués des autocars. Les mêmes qu’à Chambord.

La gare, ensuite. 10h20. Un TER toutes les demi-heures m’a dit l’hôtellier. Sauf que :

J’avais oublié. Pas grave. J’agite confiant le Saint Emblème sous le nez piercé de la préposée. Dans combien de temps pour Tours, s’il vous plait? L’autre, impassible:

– Le prochain est à 12h35.

– Par Saint Lu!

– Non, c’est direct. Et c’est 12h35. Et 5,60.

Longue est l’attente… Quand je pense que sans tendinite et ampoule, je serais déjà loin le long de la Loire…

Bon. S’occuper. Cheville, genou : Voltarène, c’est fait. Ibuprofen, boire. Ok. Ensuite? Ah. Les ampoules.

Deux écoles : ceux qui percent, ceux qui laissent. Je ne sais pas à laquelle j’appartiens, je n’ai pas eu ce genre de souci depuis fort longtemps. Voyons… Parmi toute ma collection de cloques , une surtout m’interpelle. Énorme. Qui double le volume d’un petit doigt de pieds. Elle ne me gêne pas outre mesure mais opérons tout de même : trousse à tout faire, micro nécessaire de couture, aiguille. Indolore. Le sérum s’ecoule, j’éponge, palpe la peau – on dirait du ravioli chinois – remets la chaussette et la chaussure et tente un pas.

Par Lu! Mauvais choix.

Si cela vous arrive un jour, croyez-moi, ne crevez JAMAIS vos ampoules…

Un ami s’étonnait hier de tous mes déboires corporels. L’explication est simple : j’ai le pied montagnard. Faut que ça monte ou que ça descende – la plaine ne me vaut rien. Encore que ce ne soit pas vraiment le plat qui pose problème. C’est l’état des sentiers labourés : la plante se tord en croix sur toutes ces bossettes et le système musculaire est sollicité en permanence par des cisaillements contre-nature. Les mécanismes de compensation qui se mettent en branle surexploitent alors les tendons, lesquels gonflent et envoient des messages de détresse aux nerfs, façon hurleurs d’alarme incendie. 10 kilomètres de ce traitement, passe encore, mais 40 ou 45…

Je me revois paradant auprès de mes collègues la veille du départ. Oui, oui, un marathon par jour. En marchant, tu sais… Facile.

Tartarin! Tu fais moins le malin, maintenant.

Ah! Enfin, le train!

Tours. Le soleil quasi estival emplit les parcs.

Hélas pollués par des fâcheux. La peste soit des enceintes portatives! Poursuivons, en traquant les flèches de la cathédrale.

Sur le parvis, un vétéran du GR3 prend le soleil.

Je traverse une longue rue ponctuée de terrasses ombragées…

Belles maisons médiévales ensuite. Dans l’une d’elles, une plaque m’apprend que l’incontournable Jeanne reçut ici son armure, en 1429. «A la pucelle armée » proclame une enseigne. Quel programme.

Et là, sur une autre, magnifique : un pèlerin de Saint Lu du XIIème siècle.

Émotion.

Sur quoi, je fais encore quelques tours à Tours et je saute dans le Tram : mon bus pour Villandry se prend à la fac. Avec les coches, ne jamais chercher à comprendre.

Ambiance de transport en commun.

Dans le bus surchauffé, je manque m’assoupir. Une voix enregistrée, féminine, égrène les stops. « Prochain arrêt: paradis », dit-elle. Je crois avoir mal entendu mais non. La voix répète. « Prochain arrêt…

Ça ne s’invente pas.

Puis Villandry, son château…

Le relais silence du haut des Lys, où j’ai réservé. Ma chambre de pèlerin.

Spartiate. Avec baignoire immense. J’y suis actuellement, en proie aux affres du bain, fenêtres ouvertes sur le parc où trillent les oiseaux.

Au programme immédiat – à part sortir de la baignoire – restaurant à 800 mètres pour lequel on me prête un vieux vélo. Miam miam.

2 réponses sur “Des coches”

  1. j’aime me promener sur votre blog. un bel univers. Très intéressant et bien construit. Vous pouvez visiter mon blog récent ( lien sur pseudo) à bientôt.

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