De Shackleton à Jack London1 mn de lecture

Débutons au matin cette randonnée hivernale à travers le Jura!

9h00. Un vent terrible souffle sur Metabief. J’opte pour le télésiège qui va me faire gagner 400 mètres d’un coup : je ne vois pas l’intérêt de monter entre les skieurs…

En haut, ça caille et ça vente. Je ne sais pas où je dois aller. Dos au vent violent, je déplie péniblement le plan confié par l’office du tourisme ; une grosse rafale me l’arrache des mains et je le regarde bêtement s’envoler. Ah. Tant pis! En avant.

C’est par là. A peu près. IPhiGéNie est un peu perdue. Heureusement, quelques jalons jaunes m’emmènent vers un lac. Puis j’atteins une sorte d’éminence dans le brouillard.

Le vent fait tomber les degrés et les gouttes du nez. Je perds la trace de la GTJ en longeant prudemment des barbelés : au-delà, iPhiGéNie m’a montré des falaises : pas envie de m’y précipiter.

Un temps, je retrouve vaguement une piste…

Mais rapidement, je ne sais plus du tout où je suis. Au sommet du Mont d’Or, certes, mais à part ça… Je trace à la boussole, dans une ambiance à la Shackleton.

Et puis, soudainement, le ciel se déchire et je suis enfin où je voulais être !

Le soleil chauffe à présent sur les pâturages de Rochejean. Les pistes de raquettes se multiplient. Le balisage est souvent ambigu et je dois me fier à IPhiGéNie pour ne pas perdre mon cap.

Bon gré mal gré, je poursuis ma route en trouvant de temps à autres des panneaux qui me confortent dans la plus ou moins bonne voie.

La GTJ retrouvée m’expédie dans un joli sous-bois…

Puis, farceuse comme le GR3 en d’autres temps, m’envoie dans la mauvaise direction : je devrais monter, elle descend! Je décide de couper par les prés à  la boussole, en m’enfonçant dans la neige lourde malgré les raquettes.

Je n’ai plus froid du tout. Chaud même, comme mes cuisses.

Sur quoi, enfin : victoire! L’étape du soir.

Je monte prendre possession de ma chambre. Au choix : yourte collective ou cabane de trappeur. Pas hésité longtemps!

J’attends à présent que le poêle chauffe. A mon arrivée, il faisait 4 degrés. Maintenant, il fait 8. Presque tropical.

Allez, une autre bûche et à table! Le chalet est à 150 mètres. J’y vais dans la nuit, à la frontale, manger une fondue au vieux comté à la lueur des chandelles.

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