Au sud

13 et 14 août.

Après une navigation une partie de la nuit, nous sommes à présent au-dessus des îles Siyal. Toujours dans les eaux territoriales égyptiennes mais environ une cinquantaine de milles sous la frontière terrestre avec le Soudan. En pleine mer, loin de tout. Au point le plus au sud de notre croisière.

La température est élevée, environ 40°celsius de jour (à l’ombre) comme de nuit, mais c’est surtout le taux d’humidité qui rend la chaleur étouffante. Epaisse. Assis, immobiles, on ruisselle. Heureusement, dès 6h30 du matin, on est sous l’eau : à partir de 28 mètres, la température “tombe” à 28°, ce qui procure une sensation de fraîcheur bienvenue. Par contre, quand on remonte, l’ordi affiche 32° et c’est comme de nager dans du bouillon!

L’avantage, cela étant, avec les eaux chaudes, c’est évidemment l’incroyable richesse du corail et de ses petits habitants, tous endémiques de la Mer Rouge. On a l’impression d’être tombé dans l’aquarium. Avec les élégants cochers…

Les familles de clowns…

Les vieilles tachetées, farouches et difficiles à photographier, même en apnée pour éviter les bulles…

Les différentes sortes de poissons papillons

Les anges…

Les gros napoléons…

Les poissons-soldats à l’oeil rond…

Les rascasses à rayons : qu’il vaut mieux éviter de toucher!

Tout comme comme leurs cousines volantes…

Ou, plus venimeux encore, mais incroyablement placide : le poisson scorpion.

Sans oublier les nuages d’anthias rouges…

Et tant d’autres encore : bancs de fusiliers, de balistes bleues, boules de glass fish…

Et puis Om Marouk et son atmosphère de cité engloutie : un véritable trip éveillé! J’avais la sensation incroyable, marquée sans doute par un imaginaire romanesque, d’évoluer dans une ville recouverte par la mer dans quelque futur improbable. Passée le sable, à l’approche de pinacles coralliens en colonnes, on pénètre dans une ambiance de cathédrale urbaine bleue et verte, saturée des couleurs des coraux. Incroyable!

Après les trois plongées de la journée, forcément, le soir, à l’apéritif, certains de nous ont des étoiles plein les yeux. A moins que ce ne soit la sueur qui nous dégouline du front qui ne les pique!

Autre phénomène amusant à observer, inévitable à bord d’un bateau : des affinités se tissent autant que des contraires s’affutent ; déjà, certains binômes demandent à Bruno, le directeur de plongée, de changer de partenaire. L’une des trentenaires célibataires, dévoile peu à peu une personnalité négative et râleuse assez étonnante. Quand je lui en livre le constat, François esquisse un geste fataliste : “la diversité humaine”.

Moi, je m’en fous : quand je ferme les yeux, le soir, tandis que le roulis me berce sur la couchette, les phosphènes sous les paupières ont les formes fantastiques des coraux!

 

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