Aventures en Loire2 mn de lecture

Bernard Ollivier, après avoir suivi à pieds les pistes des anciennes caravanes de la Route de la Soie, s’embarque seul avec “canard”, son canoë de résine, à la descente des 1000 kilomètres de la Loire.

Bernard Ollivier fait partie des aventuriers véritablement écrivains : ses récits sont écrits dans une belle langue, à la fois riche et sobre, dont les passages descriptifs, ici, évoquent à merveille les sensations qu’on peut avoir au ras de l’eau, lorsqu’on navigue seul, les sens en éveil, ivre de ces lumières rares que nous offre la nature.

Une vapeur presque invisible filtre les rayons rasants, la clarté, d’évanescente, devient palpable, c’est une buée, un encens offert par le fleuve au soleil levant. Et puis toute la vallée s’embrase, chasse les dernières ombres et rutile. Bizarrement, je tourne le dos à la lumière, et pourtant je me fais l’effet d’aller au-devant d’elle, de glisser vers le jour alors que c’est lui qui me pousse.”

Son périple est émaillé de rencontres, d’échanges – qui ne sont pas ce qui m’anime en priorité quand je pars de mon côté – mais qui confèrent au récit un indéniable charme humaniste.

Mais c’est surtout quand l’auteur se retrouve seul sur l’eau, à pagayer, livré à l’effort, à la contemplation sereine, que je me reconnais dans sa prose comme dans un miroir.

“J’ai atteint, ces derniers jours, un état de grâce, celui qui échoit au voyageur qui se déplace par sa propre force physique. (…) L’âme et m’esprit en paix, je suis détendu, disert, aimable avec les personnes de rencontre. Cela ressemble au bonheur.”

Aventures en Loire fait partie de ces livres qui prouvent que l’aventure est un état d’esprit, que celle-ci peut encore se trouver au coin de la rue, dans un paysage familier et pourtant exotique pour peu qu’on le parcourt autrement, dans une approche très voisine de celle des Fantaisies buissonnières.

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