Par monts et par vaux, vaches, etc.6 mn de lecture

Cinquième étape aujourd’hui, bien contrastée, avec une matinée particulièrement embrumée. Je te raconte!

Après le petit-dèj, coup d’oeil habituel à la fenêtre ouverte : brouillard et température basse. Bon.

Je décolle à 10 heures seulement parce que j’ai pris le temps de recoudre l’attache velcro de ma housse d’appareil photo qui fichait le camp.

Dès la sortie du Domaine du Bourg, purée de pois. Et quelques voitures. J’allume ma loupiote arrière et j’enfile ma frontale. 

En regardant le cliché sur l’écran de contrôle de l’appareil, je m’aperçois que le brouillard semble moins dense que ce que j’ai sous les yeux. Etrange. Jusqu’à ce que je me rende compte que mes verres de lunettes sont couverts de buée humide. Petit moment de solitude navrée…

Plus loin, la traversée de la Loire sur le pont, avec voitures et camions, heureusement peu nombreux, me semble moyennement ludique. Je ne suis absolument pas certain que les véhicules me voient avant de m’arriver dessus.

Du coup, j’éprouve un soulagement à m’engager sur une petite route secondaire, voire tertiaire…

Le brouillard m’a recouvert d’une espèce de buée givrée. 

Le trajet ensuite se corse. Je te mets un extrait de carte, pour que tu comprennes : les entrelacs de vermicelles bruns, ce sont les courbes de niveau qui indiquent le relief. 

Il y en a partout? Je sais. Traduction sur le terrain : un coup ça monte, et rudement…

Un coup ça descend à travers des bleds fantômes.

Et puis ça regrimpe. A l’infini, dans le bocage embrumé.

D’après mon compteur, en descente, je flirte avec les 40 kilomètres-heures. Mais je me freine un peu, des fois qu’une voiture ou un tracteur surgirait du brouillard.

En montée, en revanche, si ce n’est pas trop raide, j’arrive à maintenir un petit dix kilomètres-heure, mais la plupart du temps, je finis les raidillons à 7. En poussant des râles.

Pour reposer les guiboles – et aussi parce que je trouve le paysage très beau ainsi nimbé de brume, je m’arrête pour prendre des photos.

Et puis vers 11h30 : il se passe deux choses importantes. 1/ Le brouillard se lève et 2/ Après une dernière montée, une ultime descente m’amène vers une sorte de vallée. Du plat, quoi. Avec rivière et moulin, la totale. 

Et des vaches, évidemment. Charolaises – c’est le pays.

Ici, même les chevaux sont charolais. 

Là-dessus, je file en périphérie de Bourbon-Lancy, je longe le lac…

Et je retrouve enfin la piste cyclable. 

Du plat, de nouveau. Et des vaches. Pleins.

La « voie verte » est jaune automne, et si je n’ai plus de voitures qui me viennent dans le dos, le bruit de leurs moteurs est encore présent puisque la piste est parallèle à la D979.

Mais bon. Le chemin est réellement magnifique. D’autant qu’un léger soleil falot perce entre les nuages.

Je dépasse le Château de Saint-Aubin – qui me fait penser à Meurtre dans un jardin anglais, le film de Greenaway. 

A un moment, je ressens le besoin de casser une madeleine. Ici. Parce qu’il y a un banc.

Tu auras remarqué que le soleil a de nouveau foutu le camp. Hélas. La température est même tombée de quelques degrés. Je ressors mes gants complets ; en mitaines, l’onglet. Et non, rien à voir avec les charolaises. Bref.

Je franchis un pont sur la Loire – j’étais au nord du fleuve, me voilà au sud, il devrait faire rapidement beau, en toute logique.

Et qui c’est-y que je retrouve de l’autre côté?

Mon copain le canal latéral de la Loire! Et oui. Pour les vingt prochaines bornes, le panneau est formel : Digoin, 20 kilomètres.

Allons-y, donc, tandis que le soleil revient. Et c’est donc vrai, ce truc du sud de la Loire. A croire qu’il y a un interrupteur planqué quelque part…

Comme j’ai pris un peu de retard sur mes prévisions d’arrivée, je profite du plat pour appuyer une cadence plus soutenue. Peu de photos, donc, hormis celle-ci :

Ce n’est pas tant que je tenais absolument à te montrer un silo en activité mais celui-ci embaumait le Malabar – ce gros chewing-gum rose. Incroyable : trait pour trait la même senteur. Bon, je sais, avec l’image seule, ça ne fait pas pareil.

Reprenons, du coup. Traçons. En danseuse, de temps à autre, histoire de soulager certains élancements persistants.

C’est joli mais c’est monotone, tout de même, ce canal.

Tiens! Des charolaises en contrebas. 

Et j’arrive à Digoin.

Et que se passe t-il à Digoin?

Et bien, d’abord, je franchis son pont canal. Et oui. Encore un.

Je longe les extérieurs de la ville, photographiant de vieilles fabriques à l’abandon…

Ou des jeux de passerelles d’acier qui s’entrecroisent…

Une vieille péniche qui pourrit sur ses amarres…

Et puis surtout, je dis adieu au canal latéral. Snif.

Je te présente à présent le Canal du Centre.

Pour cette entrée en beauté, les lentilles d’eau, vertes au printemps ou l’été, ont pris ici les teintes de saison.

Ce canal du centre est moins prolo que le latéral. Ses eaux sont plus claires. Il fait plus bourgeois, plus spacieux, paysager presque. Limite frimeur.

Je le longe pendant une douzaine de kilomètres puis j’arrive à ma ville étape, Paray-le Monial.

J’ai choisi cet arrêt parce qu’il y avait un peu de choix en matière d’hôtel et que c’était à mi-chemin entre Gannay sur Loire et Roanne, où je dormirai demain. Mais j’avoue que je ne sais pas grand-chose de Paray le Monial.

En me promenant après la douche, je m’aperçois que la ville est semée d’édifices religieux. Telle cette église de centre-ville, romane.

Ainsi et surtout que sa basilique, romane elle aussi, dont les cloches sonnent pendant que je la prends en photo. Aucun rapport, a priori. Ou alors… Vertigineux!

On sent quand on est dans l’un de ces hauts-lieux de la vie chrétienne, comme Vézelay. Certains indices ne trompent pas.

Allez, après un passage de réapprovisionnement à la superette du centre, je regagne l’hôtel.

Ma piaule est propre et fonctionnelle. Le repas du soir est correct. Très province.

Comme je préfère le fromage au dessert, j’ai la surprise de voir arriver l’énorme chariot que la serveuse peine à manipuler. Comme autrefois, dans les années 80. 

Délicieuse province!

En résumé

Parti de Gannay sur Loire à 10h00 ce matin, je suis arrivé à Paray-le-Monial à 16 heures 30.

Mon compteur m’annonce 68,71 kilomètres parcourus, pour un temps total de pédalage de 4 heures et 8 minutes.

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