Des villes mortes, de la photographie et des cabanes forestières

Quittons Chaux Neuve de bonne heure, à la fraîche…

… pour nous en aller gravir les pentes du Grand Gît. Suée matinale garantie – de quoi éliminer la « morbiflette » d’hier soir : une succulente tartiflette au Morbier. Avec des rondelles de Morteau. 5000 calories la portion. 

Au sommet, récompense : l’espace!

Je passe ensuite quelques habitations sans croiser âme qui vive…

… puis je m’offre une pause contemplative en forêt…

… avant de redescendre en sous-bois et de retrouver la civilisation au Pré Poncet : des voitures et des gens. Grimaces de l’ermite.

Je ne m’attarde donc pas et j’entre dans une immense plaine. La Combe de Cive. Interminable.

Je marche au soleil, dans une suave odeur de lisier et de purin mêlés – quelques fermes au loin – puis, à la fin bienvenue de ce long plateau, j’aperçois La Chapelle des Bois.

Midi. Je grignoterais bien un truc avec une bière. Cap sur le bled.

Mouais, ça sent la ville fantôme. Tiens! Qu’est-ce que je disais?

Un jour, je traverserai la France à pieds, comme Lacarrière en son temps. J’en ferai un livre, moi aussi. Ça s’appellera : à la recherche d’un bistrot ouvert.

Bon. Reprenons la trace sous le ciel bleu Klein, après une tranche de cake et deux gorgées d’eau.

La piste longe en encorbellement un paysage de toute beauté, surplombant les lacs siamois de Bellefontaine et des Mortes, tout deux gelés, puis, sur le coup de 14 heures 30, j’arrive à l’étape du soir : refuge chez l’Aimé.

Où j’ai enfin droit à une bière !

Douché ensuite, couchette préparée  dans le grand dortoir, je butine dans la bibliothèque de la salle commune. Je parcours un guide illustré qui recense les cabanes forestières de la forêt du Risoux, à cheval entre Suisse et France. Celle-ci me fait sourire :

A table, je fais la connaissance d’un duo de frères qui font ici du ski de fond. L’un, Pierre-Olivier, est un photographe de l’agence Vu, et l’autre, Julien, est professeur d’EPS. A notre table également, cinq femmes, skieuses elles aussi. La conversation oscille entre randonnées d’hiver ou d’été et, naturellement, photographie. L’image, le réel, la responsabilité, le choix, le désir d’image avant l’image elle-même…

Comme on me demande quelle étape je fais demain, je l’annonce – chez l’Aîmé – Bois d’Amont – en regrettant qu’elle soit un peu courte. Parfaite en cas de blizzard, mais avec ce soleil printanier… Julien me conseille alors de tenter un détour par la Gare du Nord – la cabane dont je viens d’apprendre l’existence. Problème : elle est en Suisse et iPhiGéNie joue les chauvines. Qu’à cela ne tienne : on déplie une carte suisse et je photographie le coin dont j’ai besoin.

Avec ça et la boussole, je suis paré !

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2 réponses sur “Des villes mortes, de la photographie et des cabanes forestières”

  1. Belle et sympathique rencontre avec Patrick. Et un grand bravo pour ce blog assidu et sans fard !
    Bonne route.
    Pierre-Olivier

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