A la recherche de la gare du Nord

Au petit matin, je quitte le refuge.

Et tout de suite, en guise d’échauffement, je me prends 250 mètres de dénivelé très raide.

Parvenu sur le plateau, je fais un petit crochet jusqu’à la Roche Bernard dont on m’a vanté le panorama. Et en effet.

J’y passe un petit moment, très aérien…

… et je retourne sur mes pas jusqu’à l’intersection.

J’ignore délibérément les fanions de la GTJ qui m’appellent à l’Est et je pars plein Nord en direction de la Suisse. iPhiGéNie va me guider jusqu’à la borne frontière. Ensuite : avis de grand blanc.

Le chemin n’est pas très fréquenté…

… mais je parviens sans mal à la borne.

Ensuite, je me fie au bout de carte photographié hier soir et j’avance en suivant le muret frontalier, cherchant à apercevoir le sentier qui doit me mener à la cabane.

A priori, ca doit être ici :

Je franchis le muret à gauche, soit au Nord-Est sur la boussole, puis je m’engage en Suisse en suivant mon extrait de carte. Je ne me souviens plus de l’echelle : 1/25000ème en principe, mais je me demande si je n’ai pas lu 1/35 hier.

Trompé par ce doute de mesure, je tourne trop tôt en suivant ces marques bleues.

J’erre un moment dans la forêt, en bifurquant dans tout ce qui me semble des chemins possibles, fouillant la forêt du regard.

Mais rien. J’explore encore quelques pistes, toujours en vain, puis, en superposant ma position dans la zone aveugle d’IphiGéNie et la carte suisse, je me rends compte que je suis remonté trop au Nord. Demi-tour donc, il me faut retourner en arrière. Par où ? Je ne sais déjà plus par quel travers je suis arrivé. Heureusement, il n’y a pas d’autres traces que les miennes.

Je les remonte donc jusqu’au tronc couché en travers du mur écroulé puis j’opte pour le chemin délaissé d’abord, qui descend plein Sud en suivant la frontière. Si je ne me trompe pas une nouvelle fois, je devrais trouver un croisement dans l’équivalent de deux fois la distance que j’ai faite entre la borne et le tronc couché.

Bingo.

D’après la carte, je dois prendre la petite montée à droite. Allons-y. Suspense…

La Gare du Nord! Victoire! Hé hé.

J’entre et prends le temps de parcourir le livre de bord de la cabane. Des gens y sont montés il y a trois jours, par pleine lune, pour une fondue aux chandelles. Sympa. J’ajoute un petit mot à mon tour.

Je reste un moment attablé, rêveur. Puis je repars dans la forêt, faisant ma propre trace à la boussole pour retrouver la GTJ.

Je la rejoins comme prévu une heure plus tard, avec le sentiment teinté de regret d’un retour au connu. La forêt est magnifique cela dit et j’y suis toujours seul.

A midi, je fais halte au Chalet Gaillard. Pierre-Olivier et son frère m’ont demandé de saluer le propriétaire, ce que je fais. On parle de la Gare du Nord : c’est lui qui y est monté de nuit dernièrement, chargé de fondue au vieux comté.

Je reprends la trace ensuite, toujours en forêt. Je rencontre un peu plus de monde en descendant sur Bois d’Amont dont je surplombe la vallée depuis la crête.

Et puis, à 14 heures, je parviens à l’hôtel. Belle journée ! Et une bière pour célébrer, forcément.

CatégoriesGTJ

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