Marcher léger6 mn de lecture

Ou l’art de la MUL, comme disent les initiés, et qui désigne tout simplement la Marche Ultra Légère.

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Laquelle MUL s’oppose à la randonnée dite MULET, bâtée comme bourricot. Exemple en Irlande en 1985 : trois kilotonnes d’inutile fourbi. Navrant.

Dans le détail

Tu trouveras au bas de cette page différents articles classés par catégorie de matériels ou de besoins : vêtements, portage et bivouac, nourriture et hydratation, hygiène et pharmacie, accessoires…

Je te conseille toutefois la lecture des préambules suivants, plus généraux.

Pourquoi marcher léger?

Pour le confort, d’abord : dix heures de marche quotidienne à porter ne serait-ce que quinze kilos sont harassantes. Certes, le randonneur aime souffrir, c’est même à ça qu’on le reconnait, mais il y a des limites.

Pour la liberté ensuite : un sac trop lourd rendra la perspective d’un détournement insurmontable, et tu passeras à côté de tel lac hors du sentier, tel point de vue magnifique, tel village imprévu doté d’une épicerie ou d’un bar-restaurant, etc.

Pour le corps, surtout : les articulations notamment. La nature ne nous ayant pas dotés des capacités des fourmis, on s’accorde généralement à considérer qu’au delà de 20% de poids supplémentaire ajouté à son propre poids de corps, on fait entrer toute la biomécanique en surchauffe. Je considère personnellement qu’à 15%, on y est déjà largement. Je m’astreins donc, autant que faire se peut, à ce que mon sac ne pèse jamais plus de 10% de mon poids (65 kilos). Mon petit barda ne dépasse donc pas les 7 kilos, en comptant l’eau – mais sans la nourriture si je suis en autonomie totale.

Pour la sécurité, enfin : dès qu’il y a du relief, le déséquilibre lié au poids d’un sac trop lourd peut avoir des conséquences fâcheuses. Un faux pas sur un pierrier pentu et  hop : hélicoptère.

Marcher léger : est-ce risqué?

Non. Pas plus que de randonner seul. Il faut juste éviter de faire n’importe quoi. S’alléger à tout prix sans tenir compte de la destination et de la manière dont on va aborder le périple peut même s’avérer catastrophique. Une randonnée hivernale avec bivouac ne suppose pas la même chose qu’un trek estival ponctué de nuit à l’hôtel ou en refuge. Passer en baskets des cols escarpés et enneigés sans un piolet et une bonne connaissance de son utilisation pour arrêter une chute peut se révéler scabreux, mais les bords de Loire au printemps en doudoune et crampons sont un non-sens. Tu as compris le principe.

S'alléger, d'accord : mais comment?

Derrière l’acronyme MUL se cache en fait une culture de l’essentiel, laquelle consiste à se débarrasser de toute charge superflue en interrogeant minutieusement le contenu de son bagage, en relation stricte avec l’aventure entreprise ainsi qu’avec le degré de confort qu’on souhaite conserver – ou pas. Et bien entendu, JAMAIS au détriment de sa propre sécurité.

C’est aussi une bonne façon de se débarrasser définitivement de la peur de manquer. 

Exercice mental amusant. Qui commence par l’établissement de la liste de son matériel – papier, stylo ou classeur numérique, tout est bon – puis se poursuit par la pesée de chaque élément. En général, c’est à ce stade de la pesée que ton entourage échange des regards étranges, dans un silence gêné. Quand, par exemple, tu annonces fièrement en repas de famille que ton coupe-ongles ne pèse que 13 grammes.

L’opération d’allègement, théorique, se termine par l’interrogation et la suppression de tout ce qui n’est pas strictement indispensable.

Ensuite, tu empaquètes tes affaires et tes choix, et tu les confrontes  avec la réalité du terrain.

Au fil des expériences

Tu vas remplacer des articles, en éliminer certains, en réintroduire d’autres qui t’ont manqué, cherché à t’alléger encore jusqu’à atteindre une limite inférieure de poids, celle qui t’es propre et sous laquelle tu sais que tu ne pourras que difficilement descendre. 

Pour achever de te convaincre, et parce que contrairement aux diètes vantées ici ou là, les résultats de la démarche MUL sont rapides et visibles, je te propose :

Un exemple évolutif

En juillet 2017, j’ai arpenté les trois quarts du Tour des Ecrins en dormant sous la tente. Mon sac pesait 9 kilos incluant deux litres d’eau.

C’était déjà pas mal mais encore trop lourd. Depuis, j’ai donc gagné en poids en n’emportant plus ni popote ni réchaud, dont je ne m’étais pas servi, ou très peu. J’ai aussi supprimé ma poche à eau de 2 litres et je n’ai gardé que deux gourdes souples d’un litre que je ne remplis qu’une par une à la fois. J’ai aussi changé de tente et de sac de couchage, revu les vêtements et remplacé mon appareil mon photo par un smartphone qui me sert aussi de GPS.

Lorsque j’ai refait cette boucle en juillet 2020, en entier cette fois, mon sac pesait 5,6 kilos, en dehors de l’eau et des quelques rations.

Si cela t’intéresse, tu peux télécharger ma liste de matériel.

Autres exemples

En avril 2018, je me suis mis en tête d’aller de Fontainebleau à Nantes à pied par les chemins. Mon sac pesait 4 kilos pour deux semaines, en comptant un livre. Je dormais à l’hôtel ou en chambre d’hôtel.

En février 2019, lors de ma traversée du Jura en raquettes pendant dix jours, mon sac pesait 5 kilos – et montait à 7 quand je devais y attacher les raquettes.

Là encore, je dormais en refuge ou à l’hôtel. Aucun besoin de matériel de bivouac par conséquent, à part un sac à viande.

Deux sites et deux marques

Il existe de nombreux sites de conseils variés. Randonner-léger est incontournable.

J’aime bien également le site de François Jourjon, randonner-malin.

On trouve évidemment des tas de sites marchands, spécialisés en sports de plein air et qui mettent en avant des produits dit « ultra-légers ». C’est commercialement intelligent, parfois innovant,, toujours coloré et attractif – exprès – mais tout n’est pas bon à prendre. Un plein catalogue de matos ultra-light plus tard, et te voici redevenu mulet.

Deux marques me paraissent intéressantes à te signaler.

NB : comme d’habitude, je n’ai aucun intéressement financier à te les citer.

Sea to Summit est une marque australienne, dont les produits sont majoritairement fabriqués en Chine, et qui propose des articles intéressants. Mon sac de couchage trois saisons vient de chez eux, ainsi que certains petits accessoires : mini sac à dos de complément, cuvette pliable et corde à linge.

Zpaks est une marque américaine haut de gamme, qui propose des matériels réellement innovants pour un marché de niche. C’est cher, surtout si l’on compte les frais de douane, mais leurs produits et leur gentillesse sont top.

Pour conclure

Le mieux, comme toujours, est donc de réfléchir à ton barda et de l’adapter aux destinations, aux contraintes et aux priorités personnelles. A moins d’une expédition autarcique en milieu sauvage, humide et froid, ton sac ne pèsera plus jamais vingt-cinq kilos.

Pour te faire partager mes expériences dans le domaine, je te renvoie ci-dessous aux différents articles publiés à ce sujet et classés par catégories.

Si tu as aimé cet article, n’hésite pas à me laisser un commentaire et/ou à le partager : merci!

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