De la garde-robe à la mode MUL8 mn de lecture

Allez, parlons chiffons.

Une fois qu’on s’est amusé à considérer l’improbable fourbi qu’on avait prévu d’embarquer – des slips pour une semaine, deux pantalons, deux shorts, un pull, une polaire, des tee-shirts à ne plus savoir qu’en faire, un bloc opératoire de campagne, j’en passe… – nous voici prêt à reconsidérer le paquetage d’un oeil MUL. Il était temps…

Certes, tu m’objecteras que plusieurs jours de randonnée, en montagne par exemple, n’impliquent pas les mêmes choix qu’une robinsonnade dans l’Océan Indien. Mais le principe demeure le même.

D’abord, traquer tous les doublons ou les triplons, les quadruplons, etc.

Par exemple : pourquoi deux ou trois pantalons quand un seul suffit? Il est sale? Et alors! On le lave et on attend, une serviette autour des reins. Le choix d’un pantalon à séchage ultra rapide facilitera la réapparition sociale – la marque Salomon fait des choses très performantes dans le domaine. Cela étant, je ne porte pas de pantalon, la journée, à la montagne, on va y venir. Mais j’en ai un, toutefois, pour le soir.

Les sous-vêtements? Deux jeux suffisent. Ceux du jour, qu’on lessive le soir pendant qu’on enfile les autres après la douche et ainsi de suite. Idem du tee-shirt, dont le frère jumeau permet de ne pas rester torse nu pendant que l’autre sèche. Sauf si on a une jolie poitrine – stop : un homme aussi peut avoir une jolie poitrine, il est donc inutile de sortir les potences… Où en étais-je?

Comme je l’ai écrit sur la page « marcher-léger », tout cela est de plus évolutif. Au fur et à mesure de l’expérience, on adapte, on remplace, on procède à des choix différents.

Ainsi, voici ce que je portais depuis 2016 pour deux à trois semaines en moyenne montagne, l’été, en dormant sous la tente et en faisant la lessive au camping ou, plus rarement, dans un torrent – mais sans savon, même biodégradable.

J’ai conservé le short, les chaussures, le tee-shirt et la casquette : claire, très légère, en polyamide. Indispensable quand le soleil cogne ou que le vent m’ébouriffe dans tous les sens. 60 grammes.

Mais j’ai remplacé la veste, la doudoune, le chèche, le slip et le sweat. Voici la panoplie 2020 :

Désormais, de haut en bas, on trouve :

Une veste déperlante, coupe-vent et respirante : 115 grammes contre les 366 de la Simond précédente. La nouvelle veste est de marque Cimalp ; c’est le modèle Ultra skin 3H, taille M. Emballée, tient une place insignifiante. Remercions au passage l’échelle banane.

Elle est performante – la veste, pas la banane – surtout en coupe-vent, et offre de plus un très bon complément de chaleur pour un poids ridicule. Bémol : absolument pas prévue pour les gros orages, mais cela étant, à part un ciré de chez Guy Cotten, aucune veste ne résiste à une pluie battante – mieux vaut s’abriter et attendre.

J’ai également remplacé l’ancienne doudoune Uniqlo par le même modèle, mais sans manche et d’une taille inférieure à la précédente  : 155 grammes en S contre les 238, en M, de la précédente. Aussi chaude qu’une polaire, voire davantage, très compressible, ultra légère et qui continue de me servir également d’oreiller au bivouac avec la veste Cimalp et le tee-shirt de rechange.

J’ai substitué un « buff », c’est à dire un tour de cou en forme de tube, en polyamide, à mon chèche en coton léger.

C’est moins pratique comme serviette à tout faire, mais plein d’avantages en gain de poids : 70 grammes. Il me tient chaud au cou si besoin, voire aux oreilles et au front si le froid est vraiment piquant – cependant que mon cou est protégé par le col montant de la doudoune. Enfin, il me fait une taie d’oreiller idéale et douce quand j’y glisse doudoune, coup-vent et tee-shirt de rechange le soir.

Continuons

Je n’ai pas changé le tee-shirt Outdoor Research, léger et fluide, qui sèche vraiment très vite, en revanche, j’ai revu les sweats. Plutôt que d’en emporter deux – mon vieux synthétique Duofold qui pue effroyablement la sueur au bout d’une journée, plus un sweat chaud en mérinos propre pour le soir – je ne prends plus que le mérinos. Modèle Lifa Ice Crew, marque Helly Hansen, 230 grammes : sa laine est beaucoup plus résistante aux odeurs et je peux donc l’utiliser de jour – essentiellement à l’aube et le soir – comme de nuit s’il fait vraiment froid.

Exit également le slip Décathlon. Son maintien était vraiment calamiteux. Trivial, certes, mais ça compte. Pour dix grammes de plus, je lui ai donc préféré un caleçon de même marque, de la même matière et toujours aussi peu cher. 52 grammes. Sèche toujours aussi vite et sert en plus de maillot de bain dans les lacs quand il y a des gens. Si personne : baignade à poil, évidemment.

Suite de la revue : une paire de chaussettes de marque X socks.

Les chaussures, enfin. Choisies une taille au-dessus de l’habituelle, 42 au lieu de 41, qui tiennent parfaitement le pied, sont imperméables et pas trop chaudes, suffisamment rigide pour la moyenne montagne et d’un poids raisonnable pour des tiges hautes. Salomon Quest GTX. Déjà 2500 bornes au compteur.

Une remarque : certains randonneurs MUL privilégient les tiges basses, type Trail. Plus légères. Admettons : je me suis ruiné les pieds, autrefois, avec ce genre de chaussures, en faisant une course à la journée qui d’ordinaire en prend deux. Je reste donc pour l’instant aux tiges hautes dans les Alpes.

Bien, tu sais à présent ce que je porte sur moi. Au vrai, quand il fait beau, la doudoune est souvent dans le sac, ainsi que la veste imperméable.

A propos du short

C’est un bête short Millet à fond de culotte renforcé, taillé dans une toile légère et résistante. 177 grammes. Je l’ai depuis dix ans.

En montagne, je n’emporte pas de pantalon pour la journée. Je n’aime pas ceux dont les jambières se détachent parce que je trouve que la fermeture éclair est toujours irritante à la longue, sur les cuisses. En montée, je n’aime pas non plus la sensation du tissu qui tire sur les rotules. Je suis donc toujours jambes nues. Avant, s’il faisait froid ou s’il pleuvait, j’utilisais un surpantalon imperméable et respirant qu’on retrouvera plus bas, dans les accessoires, et que j’ai supprimé. Aujourd’hui, surtout pour le soir, je prends un pantalon à séchage rapide : marque Salomon. Léger, polyvalent et pratique.

Le change

Un caleçon propre pour remplacer celui qui sèche, un autre tee-shirt – même marque que l’autre et mêmes qualités – pour remplacer au camping celui qui sèche avec le caleçon, et une paire de chaussettes, pour remplacer celle qui sèche etc. On a compris. Bref, ça donne ça :

Quand vient le soir

Là aussi, pour la randonnée montagne, j’ai évolué. Ainsi, avant, j’emportais ces trois éléments :

Aujourd’hui, je n’ai plus que ça :

J’ai enlevé le collant chaud – inutile en alpage l’été avec un duvet trois saisons – et je n’emporte mes magical shoes que quand je dors en dur. Au bivouac, je leur préfère ces tongs – jetables mais réutilisables – de marque Jet Tong, achetés 2 euros et qui pèsent 43 grammes la paire. En camping dans les vallées, ça évite d’aller aux douches pieds nus sur les cailloux en grimaçant – je le sais, je l’ai fait…

Accessoires.

Là encore, j’ai revu le paquetage.

Le bandeau cache oreilles en polaire a disparu, puisque le buff évoqué plus avant le remplace. Je ne me servais pas non plus des gants : la marche réchauffe toujours les mains et ils étaient par conséquent inutiles. Avant de partir refaire le GR54 en juillet 2020, pris d’un doute – la peur d’avoir froid, la peur, toujours, qui nous charge le sac – je les ai emportés : ils ne m’ont pas servi, même sur l’Aup Martin enneigé.

Le surpantalon Raidlight, imperméable et respirant de 100 grammes, n’est pas resté non plus. Comme le coupe-vent, son imperméabilité est relative mais il a l’avantage de faire une couche de chaud sur les jambes s’il fait vraiment très froid. Mais il ne remplace pas un pantalon léger pour le soir – au refuge, au restaurant ou pour entrer dans un improbable night-club qui refuserait l’entrée d’un randonneur en short par exemple.

J’ai en revanche conservé mes incontournables guêtres stop-tout, lesquelles m’évitent de m’arrêter tous les deux cents mètres pour vider mes godasses des gravillons qui s’y glissent immanquablement puisque je marche en short. 80 grammes, toujours sur moi, jamais dans le sac.

Et c’est tout.

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