Génépi-Lavande4 mn de lecture

Génépi-lavande est un trek alpin exigeant, sauvage et magnifique, inventé par Gérard Guerrier, écrivain-marcheur. 

Depuis Ceillac, dans les Hautes Alpes, l’itinéraire quitte progressivement le Queyras pour traverser l’Ubaye jusqu’aux Alpes Maritimes via les Alpes de Haute-Provence, le tout la plupart du temps hors piste et « sans mollir », comme le dit Gérard lui-même.

Sommaire

Un trek hors norme

Génépi-Lavande n’a rien à voir avec une randonnée classique. La longueur des étapes, le cumul des dénivelés, la technicité de certains passages, la navigation délicate et l’isolement en font quelque chose d’unique et d’engagé. 

A fortiori lorsqu’on marche en solitaire, comme j’aime le faire.

Quelques données

    • Entre 8 et 13 heures de marche par jour selon les étapes
    • 3000 mètres de dénivelés cumulés – montée et descente – en moyenne quotidienne
    • Des cols en pente à plus de 50% d’inclinaison
    • Une grande partie « hors-piste », non balisée
    • Zéro réseau entre les points quotidiens de départ et d’arrivée

Une ambiance fantastique

Génépi-lavande, c’est l’assurance de plus d’une centaine de kilomètres de solitude dans des paysages extraordinaires. 

On se baigne dans les eaux de cristal de lacs de bout du monde.

On marche sur des crêtes perdues aux confins des frontières.

On croise un loup, on se fait attaquer par des hordes de chiens de troupeaux, on a la tête cernée de nuages de mouches collantes.

Et on dort pour finir dans un village fantôme.

Bref : une aventure comme on les aime, sportive, singulière et d’une beauté époustouflante.

Petit film de présentation

Depuis un moment déjà, j’envisageais de produire des vidéos complémentaires de mes récits illustrés : c’est chose faite aujourd’hui avec ce reportage d’une douzaine de minutes, qui te donnera donc un aperçu en mouvement de ce que tu t’apprêtes à parcourir à mes côtés.

L'inventeur du tracé

Gérard Guerrier a vécu plusieurs vies, toutes marquées par le goût de l’aventure et de l’engagement.

Tu en sauras plus en lisant le « qui-suis-je » de son site.

Je l’ai rencontré à travers ses livres.

Son brillant Eloge de la peur, que j’ai mentionné dans cet article du bazar, ou bien son salutaire Du courage, chroniqué ici, m’ont valu d’entrer en contact avec lui : lorsque je cite un auteur sur le blog, je l’avertis en effet toujours de cette récupération. Une vague histoire de politesse.

S’en est suivi une brève correspondance respectueuse de l’esprit d’aventure qui nous anime tout deux, et l’envie m’est venue, en découvrant cet itinéraire sur son site, de marcher sur ses traces entre Queyras – la source enfantine de mon amour de la montagne – et Mercantour.

Gérard m’a généreusement renseigné sur certains passages que les lectures de carte ne suffisaient pas à comprendre : la batterie de Viraysse en traversée ou la brèche Borgognio, par exemple.

Génépi-lavande en pratique

Départ de Ceillac, département des Hautes Alpes ; arrivée à Annot, Alpes Maritimes.

En voiture

Arrivé en fin d’après-midi, j’ai dormi à l’Hôtel de la Cascade et je me suis garé le lendemain sur le parking gratuit au pied des pistes de ski, sur le secteur du « pied du Mélézet ».

J’ai pris ensuite un taxi – taxi Favier 06 65 15 04 09 – pour rejoindre mon départ au parking des Claux, lequel se trouve de l’autre côté de la commune, à plusieurs kilomètres de petite route. 

Aucun problème concernant la voiture, « ventousée » plus d’une semaine sur le parking. J’avais pris toutefois la précaution de la vider en laissant une petite valise à l’hôtel où j’avais dormi la nuit précédant mon départ.

A noter qu’on peut aussi planter sa tente entre Ceillac et le Pied du Mélézet, où l’on trouve deux campings au choix, les Mélèzes et les Moutets.

Inconvénient principal de la voiture : en arrivant à Annot, j’ai mis deux demi-journées pour récupérer mon véhicule – j’ai pris le train puis le bus pour Dignes, puis un bus pour Sisteron, j’ai dormi à l’hôtel à Sisteron, j’ai repris un bus très tôt le lendemain pour Gap, j’ai pris ensuite le train Gap Guillestre-Montdauphin, emprunté la navette gratuite pour Guillestre le haut et j’ai ensuite fait de l’auto-stop pour rejoindre le Pied du Mélézet.

Si tu dois faire la même chose que moi, je te conseille de construire ton retour à rebours, en rétroplanning, à partir des horaires de la navette qui part de Montdauphin et monte à Ceillac. 

En train

On peut bien entendu accéder à Ceillac en train. Il existe un train de nuit qui part de la Gare d’Austerlitz et arrive à Guillestre au matin, avec une navette bus qui dessert ensuite Ceillac.

A l’arrivée, de la gare d’Annot, on peut descendre jusqu’à Nice et de là, aller ensuite où on veut.

Mon sac et son contenu

Mon sac à dos est le modèle G4-20 du fabricant américain Gossamer Gear. C’est un sac génial, léger à vide et très bien pensé.

Je l’ai acheté en ligne à Olivier, de Trekking Fox et j’en parle aussi dans cet article. Au plus lourd, c’est à dire avec le pique-nique et deux litres d’eau, mon barda pesait huit kilos maximum le matin, sept l’après midi. Voire six et demi. Sans provision ni eau, son poids net était de 5 kilos et demi. 

Tu peux télécharger ici la liste de son contenu.

Ainsi que la liste de ce que j’avais sur moi.

Pour tout ce qui concerne l’art de marcher léger, je te renvoie à cet article du bazar :

Outils de navigation

J’utilise l’application IphiGénie, produite par l’Institut Géographique National et dont l’abonnement coûte à peine 15 euros par an.

Puisqu’il n’y avait aucun réseau sur la majeure partie des étapes, j’avais téléchargé mes fonds de carte en mode hyper détaillé.

Même en mode avion, IphiGénie me localisait et je pouvais de plus l’utiliser indexée sur la boussole de l’Iphone, de manière à lire mon itinéraire en fonction de ma position et de ma destination.

La boussole de l’Iphone, reliée à la géolocalisation par satellite, est très fiable, de même que son altimètre.

Seul problème, l’Iphone – qui me sert aussi d’appareil photo et vidéo – est un outil qui peut tomber en panne. J’ai certes une batterie externe de 10000 mAh pour le recharger deux ou trois fois, mais bon : ne compter que sur l’électronique est toujours risqué.

J’embarque donc toujours cette mini boussole Victorinox avec moi. Même sans carte, elle me permet de garder un azimut cohérent avec ma destination finale.

C’est un accessoire qui fleure bon le gadget mais elle est fiable, minuscule – de la taille d’un doigt – et ne pèse que 10 grammes. Son thermomètre est approximatif, mais la loupe peut éventuellement servir à incendier des pinèdes et sa réglette graduée permet de mesurer la taille des boutons de moustique, pour le fun.

Jour après jour

Tu trouveras ci-dessous le récit détaillé et illustré de toutes les étapes. Bonne lecture!

Si tu as des questions sur cette aventure, tu peux me contacter via le formulaire accessible depuis le menu et je te répondrais avec plaisir.

Et si tu as aimé, ou pas, n’hésite à prendre le temps de me laisser un petit commentaire : j’apprécie toujours les retours de lecture.

6 réponses sur “Génépi-Lavande”

  1. Plusieurs soirées de lecture …pour profiter de cette folle aventure moucheresque !!
    Bravo champion !..,
    Ce n’était pas gagné…tu as réussi …
    Tu peux remercier ton ami le sciatique droit qui t’a laissé bien peinard ..,
    Le challenge était pour moi aussi !!… heureuse de voir mon copain-patient en pleine forme au retour et adepte désormais de la Méthode Mézières ?

  2. Bonjour
    Belle narration pour ce joli, mais difficile trek des fleurs, la direction vers les lavandes s’est bien déroulée, et l’accès à la batterie de Viraysse n’a pas posé de vrai difficulté, tout compte fait.
    Drôle de fantasme ? peut-être le coté majestueux du nom qui s’adresse si bien à la montagne !
    Bien vu l’accès par le torrent asséché pour rejoindre le sommet de Viraysse.
    Pour les Lignins, effectivement dommage ! Mais je ne peux que te conseiller d’y faire un petit tour à l’automne (https://www.altituderando.com/Sommet-du-Carton-2614m-par-Ratery-et-les-Lacs-de-Lignin)

    Thierry « le sympathique randonneur de Manosque »

    1. Bonjour Thierry,

      Merci de ton retour et de ta lecture. Oui, finalement, la batterie de Viraysse se fait bien par cet accès un peu raide. Pour les lacs de Lignins, en effet, je conserve l’idée d’y faire un tour à l’occasion parce que ça a vraiment l’air très beau.
      Je vais aller lire ton topo! Bien à toi,

      Patrick

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