Pour en finir avec la couardise19 mn de lecture

Au nom du risque zéro, outrepassant la prudence individuelle et responsable, nos infantilisantes sociétés modernes ont érigé la couardise en vertu cardinale. Finissons-en.

Sommaire

E pericoloso sporgersi

Observons la photo ci-dessus.

Nous sommes d’évidence en montagne, relief accidenté s’il en est, sur un chemin ou une petite route accessible aux badauds. Oublions le glacier en arrière plan – la Meije, magnifique, je sais – et concentrons-nous sur la rambarde au bas de l’image qui semble défendre un ravin abrupt. Sage protection du promeneur distrait, admettons.

Mais n’est-ce pas amplement suffisant?

A croire que non. Un joli panneau redouble en effet la précaution des barrières et nous rappelle – pour le cas où nous l’aurions oubliée – cette vérité physique fondamentale : dans le vide, on tombe. Tête la première. En poussant si possible un long et effroyable aaaaaah!

On ne pourra pas dire qu’on n’était pas prévenu – et accessoirement, on épargnera un procès à la commune de la Grave.

Et donc?

Et bien ça m’exaspère!

J’ai l’impression pénible qu’on me prend pour un abruti dont il convient de soigneusement baliser le moindre pas, même faux, avant tout simplement de le lui interdire. 

Tu trouves que j’exagère? Soit. Mais je ne suis pas le seul.

Citations

J’ai déjà mentionné les Aventures de poche dans mon article sur la microaventure. Voici ce que leur auteur, Olivier Bleys, pense de ce qui précède :

« Il y aurait beaucoup à dire sur nos sociétés précautionneuses et leur obsession du contrôle. Au prétexte de mettre les citoyens à l’abri, on les empêche, on les entrave – on les étouffe. (…) Les bords de nos falaises se hérissent de garde-corps, les piscines s’entourent d’alarmes périmétriques (…). Il est interdit de se pencher à la fenêtre des trains et obligatoire de boucler sa ceinture. »

Comment ne pas être d’accord avec lui? Dans ce passage du récit Marine Parks, je ne disais déjà pas autre chose en te racontant le bonheur que j’avais eu à monter au sommet du phare de Daedalus, en Mer Rouge égyptienne :

« Ciment ébréché, pas de rampe et échelle rouillée pour accéder au sommet. Un pas de travers et zou : la chute sera moche. Mais curieusement, ça me fait du bien de trouver un endroit qui, pour être ouvert aux touristes, n’est cependant pas défiguré par la surenchère de protections variées qu’on trouve sur le moindre monument occidental… Un parfum de liberté d’avant les contrats d’assurance et les délires sécuritaires. J’en suis tout joyeux. »

A quoi j’ajoutais naïvement pour conclure : « il m’en faut peu ».

Aujourd’hui, je supprimerais cette phrase idiote. Il ne m’en faut pas peu. C’est en fait l’essentiel. Poursuivons.

Christian Clot, dans cet indispensable essai…

… convoque principe de précaution et risque zéro pour une mise au point sans ambiguïté, pages 64 et 65 de l’édition Pocket :

Principe de précaution :

« Initialement créé en réponse aux risques écologiques, il décrète que si l’utilisation d’un outil ou d’une donnée peut, même de manière hypothétique et sans que cela puisse encore être prouvé, provoquer un danger pour l’environnement, il est préférable d’en interdire l’exploitation. Un concept important au regard des pollutions actuelles, qui n’est pas à remettre en question ».

Mais Christian Clot souligne aussitôt le glissement :

« Malheureusement, ce principe s’est dilué et a étendu son champ d’action à quasiment l’ensemble des cercles sociétaux, de la médecine à l’éducation. Il a été dévoyé pour s’imposer d’abord d’abord comme une protection de l’humain-Dieu ».

Et nous voilà confrontés au Risque zéro :

« peut-être l’une des plus grandes impostures intellectuelles modernes, qui cherche à imposer l’idée que la possibilité d’un risque totalement absent existe en regard d’une action. »

Enfin, dans un autre ouvrage tiré de ma bibliothèque et dont je te recommande chaudement la lecture :

Gérard Guerrier s’interroge lui aussi sur la place qu’on nous laisse dans nos univers liberticides et réglementés.

« L’aventure est un anachronisme dans nos sociétés occidentales qui ne supportent plus la présence ou même l’éventualité du risque. (…) Pire, le « principe de précaution » est devenu le Dieu protecteur (…). S’il est respectable en matière de risque environnemental ou de santé publique, il devient dictatorial lorsqu’il prétend gérer les risques individuels, et donc notre liberté. »

De la liberté

Article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

En allant marcher seul dans la nature, même accidentée, en descendant des rivières, même en crue, en plongeant sous la mer, fort de compétences acquises au fil du temps, je ne fais donc de tort à personne parce que je connais les risques que j’encours et que je suis conscient de mes propres limites.

Je ne laisse aucun déchet derrière moi après mes bivouacs, je ne fais pas de feu dans les bois desséchés et je n’engage jamais d’autres vies que la mienne : je n’irai jamais seul sur un glacier sans équipement approprié, je ne sors pas en mer avec mon kayak si les conditions ne sont pas suffisamment sûres, de la même manière que je ne descends pas à soixante mètres sous la surface sans bien connaître mon binôme et avoir auparavant vérifié son équipement. Je ne suis peut-être pas sage comme une image, mais je reste prudent et responsable.

Par conséquent, je ne suis ni individuellement suicidaire, ni socialement inconséquent.

Sauf quand je prends le solo, mais c’est un autre sujet…

Mais en temps normal, je me répète, je ne suis pas plus suicidaire qu’inconséquent.

Or c’est pourtant ce qu’on voudrait de plus en plus me faire croire, à travers cette insupportable dictature du risque zéro : la couardise moderne – y compris morale, qui cherche à faire établir à tout prix d’autres responsabilités que la sienne en cas d’accident – m’enferme chaque jour davantage dans un périmètre concentrationnaire, hérissé d’interdictions variées.

C’est tout simplement, humainement et philosophiquement, intenable.

Parenthèse sanitaire

Souviens-toi, l’an passé. Apparition planétaire de la pandémie et annonce du confinement en mondiovision. Dans le genre « tremblez mortels », on a atteint des sommets.

Restez chez vous, braves gens, priez Saint Ikea – BFM est son prophète : dehors rôde la Malemort!

Et les foules affolées de se ruer en troupeaux meuglant sur les linéaires des supermarchés, dévastant les rayons de papier hygiénique – scènes sidérantes qui feront heureusement l’objet de publications ironiques sur les réseaux, telle celle-ci, qui m’a fait rire – jaune.

Pourquoi jaune?

Et bien parce que je suis effaré que nous soyons parvenus collectivement à un tel niveau de bassesse. La seule chose qui nous préoccupe désormais, et ce quelles que soient les circonstances, c’est de ne surtout pas manquer de malbouffe et de torcheculs?

A ce compte-là, autant stocker du riz : double bénéfice.

Et se demander au passage si le dessin animé Wall-e, des studios Pixar, n’a pas hélas déjà tout dit de la condition humaine contemporaine.

© Pixar animation studios - 2008

Une précision utile, cependant : je n’ai jamais prétendu qu’il ne faille rien faire contre le COVID-19. Ou pire, jouer les matamores inconscients façon Bolsonaro ou Trump, ces Ubu pathétiques.

J’ai moi-même participé à l’effort collectif et on m’a au passage, à ma grande surprise, décoré de l’Ordre National du Mérite pour avoir simplement fait mon travail. Que des décisions de santé publique aient dû être prises pour faire face à cette épidémie ne me pose donc aucun problème.

Mais que cela ait été accompli dans le recours systématique à l’infantilisation par la peur littéralement m’ulcère.

Et  je ris donc jaune parce que derrière la couardise de masse entretenue par les dérives paternalistes de l’état-providence, se dissimule la menace de plus en plus plausible de mon encagement définitif.

Christian Clot l’exprime avec clarté : 

« Nous n’acceptons plus les risques pour nous-mêmes, mais nous les refusons également aux autres, quand bien même cette part d’aléa est acceptée et assumée par autrui. »

Outrances hors-sol de quelques têtes brulées? Certainement pas.

Couardocraties

J’aime, entre autres lectures, les romans dystopiques. Ces extrapolations de nos sociétés existantes, placées dans un futur plus ou moins proche, me renvoient toujours au présent, au moment où il paraît encore possible d’endiguer le dérapage avant qu’il ne soit trop tard.

Concernant un système politique proche du nôtre, et qui gouverne par la peur en asservissant les citoyens au nom de sa devise – Liberté, Sécurité, Prospérité – je te recommande l’excellent Globalia, de Jean-Christophe Rufin.

Brave new world. Dès la première phrase, tout est dit : « Il était six heures moins cinq quand Kate arriva à la nouvelle salle de trekking ».

Jean-Christophe Rufin, marcheur et alpiniste à ses heures, ne s’y trompe pas : un monde où le trekking se pratique en salle nous dissimule forcément quelque chose…

Dans son roman pour adolescents – il faut lire la littérature destinée à la jeunesse, ne serait-ce que pour la lui conseiller ensuite –  intitulé Risque Zéro

Pete Hautman imagine une société dans laquelle tout risque – même minime – est banni. Ses personnages évoluent dans le cocon castrateur des Etats Sécurisés d’Amérique, version 2074. On se doute que le personnage principal, Bo, 16 ans, n’y trouve pas complètement son compte.

Bon, d’accord, me diras-tu, mais ce sont des romans, des fables. On n’y est pas encore. Non?

Voire.

L'éclipse de 2015

Le 20 mars 2015, se produit une manifestation naturelle qui, pour n’être pas si fréquente, n’en demeure pas moins banale à l’échelle du cosmos : la lune s’interpose entre le soleil et la terre et « éclipse » l’astre solaire. Un chouette moment de leçon de chose en perspective, à partager avec les élèves.

Sauf qu’une semaine avant ladite éclipse, la messagerie électronique du collège que je dirige s’emballe : pas un des nombreux cabinets de la machine Education Nationale qui n’y aille crescendo de ses courriels affolés : URGENT, TRES URGENT, SIGNALE, TRES SIGNALE, TRES URGENT SIGNALE, etc.

Les têtes pensantes viennent de s’apercevoir que l’éclipse va se produire pendant la récréation du matin : horreur. Les stocks de lunettes de protection sont insuffisants. Exposés à l’événement, les enfants risquent d’horribles cécités irréversibles.

En lisant, de plus en plus effaré, cette accumulation hystérique de courriels délirants, je pense à cette scène célèbre du Temple du Soleil.

© Hergé - Moulinsart 2021

La veille de l’éclipse, la conclusion logique de toute cette irrationnelle frénésie tombe donc sur les écrans : on nous demande de confiner – déjà – les élèves dans les salles aux rideaux tirés et de leur montrer éventuellement la retransmission du phénomène au tableau, via les vidéoprojecteurs. C’est à peine si on ne nous enjoint pas de mettre en place des cellules de soutien psychologique.

Et tandis que mes collègues alentours activent leur Plan Particulier de Mise en Sûreté face aux Risques Majeurs, de mon côté, je refuse de me prêter à cette mascarade. En adulte responsable, exposé au risque paradoxal d’un procès en inconscience criminelle, je ne participerai pas à cette anti-éducation des enfants, qui consiste à leur signifier que la nature est dangereuse et que le Grand Dehors ne pense qu’à les bouffer tout cru.

Mes collaboratrices comprennent mais s’inquiètent : ne risque t’on pas de me muter aux Kerguelen pour indiscipline? Et si un élève se décolle les rétines?

Je ris. J’ai regardé la météo : la couverture nuageuse sera tellement épaisse, demain, que pour voir l’éclipse, il faudra monter à trente mille pieds. Et en effet, le lendemain, plafond bas et gris sur la cour où s’ébattent les élèves : fin d’un non-problème.

Curieux que personne n’ait songé à faire comme moi, au Rectorat.

De l'éducation

J’adore ce dessin de Sempé. Il dit tellement de choses : sur le bonheur des enfants, les névroses des adultes.

Je n’aimerais pas être enfant, aujourd’hui. Objet de craintes plutôt que sujet à élever, placé sur écoute depuis le berceau, pisté par la géolocalisation de mon smartphone, assigné à résidence ou caparaçonné comme un hockeyeur pour le moindre déplacement à roulettes, confié ensuite aux bons soins d’un pédopsychiatre quand on s’étonnera que je m’étiole…

Ces parents craintifs, qui emballent leur précieuse progéniture-bibelot dans des rouleaux de papier-bulle pour leur éviter de se cogner au monde, ignorent qu’ils les y exposent au contraire bêtement, en les lâchant ainsi couvés sans entraînement ni décodeur.

Le rôle d’un parent n’est pas de maintenir ses enfants dans la nasse étouffante de ses propres peurs. Au contraire : éduquer, c’est accompagner, guider, montrer que le monde, s’il est parfois indéniablement dangereux, est aussi d’une inépuisable beauté pour qui sait en profiter en toute conscience.

Ainsi, plutôt que les couvrir de bouées et de leur interdire la baignade dans les vagues, j’ai appris à mes filles, très jeunes et encore non nageuses, à jouer avec les petits rouleaux de la plage, à se laisser rouler en apnée comme des bulles dans ce que nous appelions la « machine à laver » et dont nous sortions en riant parce que nos fonds de slip de bain étaient lourds de paquets de sable.

Je les ai traînées sur des chemins scabreux, plus tard, en leur indiquant comment éviter les pièges glissants des racines trempées de pluie – les racines, c’est pas nos copines, chantions-nous – ou les pierres traîtresses des éboulis. Je les ai guidées sur des crêtes d’altitude, parfois encordées dans les passages délicats, à la rencontre des edelweiss et des chamois. A ma façon, je les ai ouvertes au monde sans rien leur en cacher, mais en tentant de leur enseigner comment s’y déplacer sans se mettre systématiquement en péril.

Ne nous y trompons pas : je n’ai rien d’un père parfait. Freud – qui s’y connaissait en paternité bancale, ce n’est pas Anna qui démentira – l’a dit : c’est un métier impossible. Mais au moins, je n’ai pas élevé mes filles sous cloche comme des poulets de batterie.

Peur, prudence, courage

La peur

A condition de le vouloir, la peur – même phobique – s’apprivoise. Je me souviens très bien, par exemple, de mon premier rappel sur les falaises bourguignonnes du Saussois, un jour de crachin gris du milieu des années 80. Le copain qui m’initiait m’avait montré sa main droite, sous le huit – « ça, c’est ta vie » – avant de se laisser filer dans le vide. « Il est cinglé! » m’étais-je dit, et j’étais redescendu par le chemin raide et glissant. Rejoint au bas de la voie, cet ami était alors convenu qu’il avait peut-être démarré un peu fort. Nous étions donc allés dompter ma frayeur sur des dalles moins anxiogènes. Plus tard, après des années de pratique modeste – trop dilettante, je n’ai jamais dépassé le 7a  – j’avais à ce point appris à composer avec ma peur du vide qu’elle avait – pour partie – disparue. Ce qui m’a permis, un été espagnol, alors que la porte de l’appartement avait claqué avec les clefs à l’intérieur, de passer par l’extérieur d’un balcon voisin depuis le cinquième et dernier étage pour faire entrer ma petite famille de retour de la plage.

Ai-je eu peur? Oui, mais pas au sens où on l’entend habituellement. En enjambant la rambarde, sous l’oeil rond des voisins allemands qui m’avaient laissé accéder à leur terrasse, et en me retrouvant dos au vide, je me souviens avoir en effet ressenti un frisson. Mais la margelle dépassait très largement sous mes pieds et le passage de la colonne entre nos appartements était facile à contourner. Objectivement, je ne risquais absolument rien.

Le frisson que j’évoque était cependant très utile : il me rappelait fort à propos que je m’aventurais dans un lieu hostile aux êtres sans aile, où la prudence s’impose.

Lunch Atop a skyscraper - 1932 - Anonyme

La prudence

Tous les sportifs de l’extrême – qui sont pour la plupart des gens modestes et prévoyants – te le diront : confiance = méfiance. Autrement dit : la peur est utile, parce qu’elle a pour corollaire la prudence.

L’absence de peur – liée à la routine, à la surestimation de ses capacités, sans parler des états modifiés de la conscience ou des dynamiques de groupe – est une parfaite antichambre de la catastrophe. 

Pour autant, la prudence ne consiste pas à ne rien faire – voire à rester sur son canapé, pour, en matière d’aventure, se contenter des évolutions navrantes de beaufs tatoués qui jouent les pseudos risque-tout dans des émissions scénarisées – autre débat. 

Allons jouer dehors, donc. Mais restons conscients du pouvoir supérieur de la nature sur nos fragiles aptitudes.

Un exemple, tiré de mon expérience récente. Tour de l’Oisan par le GR54. A mi-parcours, j’apprends que le col de l’Aup Martin est encore enneigé ; on me conseille de l’éviter et de passer par un vallon sans danger. Or, il n’en est pas question. Soit la trace est faite – et à cette saison, il y a en effet de grandes chances que cela soit le cas – soit la pente est verglacée, auquel cas, je ferais demi-tour, n’ayant emporté ni piolet, ni crampons. On verra bien. Inconscience? Bien sûr que non. Je suis bien chaussé, mon sac est léger, j’ai des bâtons et je sais de toute façon reconnaître un passage infranchissable. Au pire, je reviendrais en grommelant sur mes pas et tout cela ne m’aura coûté qu’une paire de bivouacs supplémentaires. 

Il s’avérera que le col se très passe bien – mais en restant prudent, c’est à dire humble et concentré.

Au train où vont les choses, je n’ose imaginer la même scène dans quelques années : au départ d’Entre-les-Aygues, sur le pont qui enjambe le torrent…

… on aura sans doute construit un écopéage aussi discret qu’incontournable. Des rangers assermentés y vérifieront qu’on possède tout le matériel réglementaire, dûment accompagné de certificats d’utilisateur expérimenté obtenus lors de coûteux stages. Sur quoi, on nous fera signer des décharges et des chartes environnementales en triple flashcode puis, après qu’on aura acquitté un droit de passage exorbitant, on nous surveillera aux jumelles pendant que nous nous élancerons à l’assaut du col protégé de câbles et de rambardes. Peut-être même recevra t’on une discrète musique anti-stress sur nos téléphones obligatoirement connectés.

Délire dystopique?

Même pas : c’est déjà ainsi qu’on randonne en Corée du Sud, uniquement le matin, à horaires fixes, sur des itinéraires très encadrés desquels il est formellement interdit de s’écarter. Il est intéressant de noter par ailleurs que la Corée du Sud, laboratoire actuel des futures sociétés de la surveillance, nous est régulièrement présentée comme un modèle à suivre en matière de gestion de la crise sanitaire.

Ça fait envie.

Le courage

Gérard Guerrier, cité supra, vient de faire paraître un nouvel essai, complémentaire de son Eloge de la peur.

Je ne l’ai pas encore lu* mais je l’ai d’ores et déjà commandé et l’attends avec une impatience non feinte.

*compte-rendu de lecture à présent disponible à ce lien. 

C’est quoi, le courage? 

Pour moi, ça n’a rien à voir avec les rodomontades viriles auxquelles il est d’ordinaire associé, telle l’aptitude – totalement fictive – qui consiste à affronter sa propre mort en souriant. Fantasme victorien! On ne sourit pas dans ces moments-là. On rit, éventuellement, d’un rire nietzschéen, et c’est en général mauvais signe.

Durant mes années nîmoises, grâce à mon voisin banderillero, j’ai fréquenté le milieu de la tauromachie – et quoiqu’on pense de la corrida, en matière de courage, j’ai pu constater à quel point les toreros sont des êtres hors norme. Je les ai vus dans le callejón avant d’entrer en piste. Et bien, malgré leur bravoure, l’heure n’était pas à la blague, crois-moi.

Mais même si tout le monde – à commencer par moi – n’est pas fait pour aller danser autour d’une demi-tonne de muscles aux cornes effilées comme des rasoirs, le courage est cependant une qualité humaine qu’il appartient à chacun de cultiver. A sa propre mesure.

Apprivoiser ses peurs sans les nier. S’engager dans ses décisions et les assumer après coup. Reconnaître ses erreurs comme autant d’expériences formatrices. Se tenir debout au quotidien, face à la vie. Accepter le réel tel qu’il est, en le regardant droit dans les yeux.

On pourrait croire que ce n’est, au fond, qu’une banale histoire d’orgueil. Faux. C’est une histoire de dignité.

Celle, précisément, que nous ôte la couardise, surtout lorsqu’elle est érigée en mode de gouvernement de nos libertés, collectives autant qu’individuelles.

Tiens : tout ça me donne une nouvelle idée d’article. Ca s’appellera « Eloge de la pince coupante ».

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