Première étape de la Route Buissonnière, de Fontainebleau à Charny, dans l’Yonne.
Dimanche 13 juillet.
Après avoir quitté la maison et serpenté dans la ville encore déserte, j’arrive à la sortie sud, devant le célèbre Obélisque, rond point qui dessert aussi bien la direction d’Orléans, que celle de Nemours ou de Sens.
J’opte pour la petite départementale 148 qui file au sud-sud-est, entre l’ex Nationale 6 et l’ex Nationale 7 – aujourd’hui D606 et D607.
Je connais bien cette petite route forestière, qui passe sous l’aqueduc de la Vanne et m’amène à l’une de mes promenades préférées, le secteur du Rocher des Princes et de la Malmontagne.
Je dépasse ensuite la plaine de Sorques et passe sur le Loing…
… puis je roule en bord de champs, sur la D40 en direction de La Genevraye dont j’aperçois déjà l’église photogénique.
J’ai de bonnes sensations sur mon vélo tout neuf. Le dérailleur arrière m’enquiquine un peu et je songe qu’il va me falloir tâtonner sur la tension du câble, mais sinon : impeccable.
Ou presque.
Depuis la Genevraye, en effet, je suis doublé par des coureurs cyclistes qui tracent comme des bolides ; je me fais même engueuler par le conducteur d’une voiture : « poussez-vous! La course arrive! »
Une course? J’ignorais, évidemment.
Laquelle course file dans un chuintement de machines de compétition et de maillots bariolés et tourne après Nonville.
Je récupère la D58 pour moi tout seul, en plein soleil. Fait pas froid.
A Egreville, derrière la célèbre halle…
… j’avise la terrasse d’un bistrot, hélas complète, pleine d’autochtones qui me jettent des regards de travers. A l’intérieur, l’accueil ne vaut pas mieux : la serveuse derrière le comptoir ne répond pas à mon bonjour, et quand je lui demande si elle fait des sandwiches, me balance un « non » agressif et sans appel.
Heureusement, quelques dizaines de mètres plus loin, une boulangère normale et sympathique ratrappe un peu l’hospitalité locale. Je quitte Egreville sans regret, mais avec un poulet-mayonnaise et le plein d’eau fraîche dans les bidons.
Je reprends mon pédalage au fil de la départementale.
Je me pose sur un banc quelques kilomètres plus loin, pour pique-niquer. Il fait très chaud, plus de 35°, l’air est lourd et je suis en eau. Je vide un demi bidon de flotte, m’éponge le museau et repars.
Pour l’instant, je n’ai aperçu aucun des panneaux de Loupot, avec le petit lapin. J’en viendrais presque à douter que je suis sur le bon itinéraire quand, à l’entrée d’un village – je ne sais plus lequel, peut-être Ervauville, mais comme je n’ai pas activé la géolocalisation sur l’appareil, rien n’est moins sûr – j’aperçois la moitié d’un panneau qui dépasse à peine d’une haie végétale qui l’a mangé.
Je repousse un peu la haie pour dégager le panneau mais c’est plein de ronces là-dedans.
Au moins, me voici rassuré : pas d’ambiguïté, je suis bien sur la bonne piste!
Continuons, donc…
… en faisant des petites pauses de temps en temps, pour essorer le tee-shirt trempé de sueur et s’abreuver.
A Courtenay, dont je découvre qu’Aristide Bruant était originaire…
… Bruant, tu le connais au moins grâce à Toulouse Lautrec :
… je tombe sur un troquet ouvert – une oasis dans le désert, comme je le dis aux deux types un peu bourrés au pastaga qui tiennent le lieu. L’image les fait rigoler. Vélo oblige, moi, je reste à l’Orangina.
Enfin, vers 16 heures, alors que le temps devenu très lourd se charge de promesses orageuses, je m’arrête au camping de Charny.
Accueil très sympathique du gérant et décoration digne du tourisme automobile des années 50.
Je monte le camp….
… puis, après une douche bienvenue et la lessive des vêtements du jour, je reprends le vélo pour aller trouver le seul spot de restauration ouvert : chez Cousins, merguez-frites.
Là, en dégustant ma spécialité gastronomique, je réfléchis à mon itinéraire du lendemain. Je pense pouvoir atteindre Clamecy. On verra.
Sur quoi, retour au camping où je me glisse dans la tente sur fond du tonnerre qui roule non loin dans le paysage, devenu gris acier.
Les premières gouttes qui tapotent la toile de tente bercent bientôt mon endormissement.
Voici les données du jour recueillies par Iphigénie :
Je ne peux pas téléverser la trace GPX sur ce site, mais elle est disponible sur simple demande via le formulaire de contact.

