Une sombre histoire de perches

Ce soir, la Pesse. Demain, Giron. Et s’en sera fini du périple. Il faudra rentrer. Autant profiter, donc, et ce d’autant plus que le soleil est de retour. Allez hop.

Un dernier coup d’oeil à la Dalue – où le repas était bon et où j’ai dormi comme un loir, fauché par la fatigue – et à nous les combes sauvages!

Je suis scrupuleusement les perches jaunes et mets mes pas dans les empreintes de raquettes.

Sauf que, à un moment, je me rends compte que les balises me ramènent en arrière, dans la direction de Lajoux. Qu’est-ce à dire?

Je grimpe sur une bosse pour faire le point. Panorama superbe sur les monts du Jura, au passage. Bon, réglons notre orientation.

IPhiGéNie ne va pas mieux : elle me fait des plaques grises et jaunes. En revanche, la boussole est formelle : c’est dans l’autre sens, chef. J’ai dû rater quelque chose là-haut, avant de redescendre vers cette ruine, pourtant portée sur mon plan.

Que faire? Deux options. 1/ Remonter une demi-heure de raidillons jusqu’à un croisement, sous les lignes à haute tension. Il se peut que j’ai loupé un truc à cet endroit. 2/ descendre plein pot la bosse et emprunter cette piste de fond qui semble contiguë au GR d’été pour filer ensuite au sud.

Allez : courage, descendons. Sans se vautrer, belle perf.

Je remonte ensuite la piste pendant plusieurs kilomètres. Parcourue de skieurs, de sorte que j’ai l’impression désagréable d’être au bord d’une route fréquentée. Un croisement me laisse un moment penser que j’ai rejoint la GTJ.

Mais non. La trace est bien au-dessus, sur la crête. Comment expliquer toutes ces confusions? Je vous explique : la GTJ raquettes est fléchée par des perches jaunes fluo, comme celle-ci.

Du moins, précisément, pas tout à fait. Cette perche-là n’est pas surmontée du scotch bleu nuit GTJ. Elle indique donc une simple piste raquettes en boucle. Une balade, quoi. De loin, bien sûr, on peut confondre.

Les balades, elles, sont balisées, normalement, par des perches jaune-orangé. Comme cette dernière :

Du moins, là encore, pas celle-ci, qui emprunte en fait la GTJ. Ce que confirme la suivante :

Voyez le merdier? Les jaune fluo qui jouent le rôle des jaune-orangé et vice-versa. Avec un V majuscule à vice… Le tout, évidemment, empruntant la plupart du temps des chemins qui n’existent pas l’été et partant, ne figurent pas sur les fonds de carte.

Un petit coup d’inattention – un chant d’oiseau, une trace d’animal, un rai de soleil sur un tas de neige, bref, tout ce qui fait le charme contemplatif de la marche – et vous voilà fourvoyé.

Reste le cap à la boussole : on n’a pas fait mieux depuis que Marco Polo l’a barbotée aux chinois.

Marchons donc, le nez sur l’aiguille aimantée, on arrivera bien toujours quelque part. A la borne au lion, par exemple, qui offre une vue magnifique.

Et puis, de là, retrouvons miraculeusement la GTJ – en fait, un diverticule, il y en a, sinon ce serait trop simple –  qui descend sur la Pesse.

Comme je demande à l’office du tourisme où se trouve mon hôtel, j’apprends qu’il se situe en fait à 1,5 kilomètres…

À côté de l’Office, un saloon. J’entre boire une bière, au zinc, et je reprends la route.

L’eglise de La Pesse est en zinc, elle aussi.

La route. Je pense à celle de Mac Carthy. Cormac, l’écrivain. Pas son homonyme anticommuniste.

Et puis enfin, l’écurie. 15 kilomètres au compteur contre les 8 prévus. Vive le sport!

CatégoriesGTJ

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