Petite autobiographie matérielle

J’ai commencé à photographier avec un appareil en plastique offert par le comité d’entreprise de l’usine où travaillait mon père. J’avais environ dix ans.

Je ne me souviens plus si c’était un véritable Instamatic Kodak, ou bien une imitation : je ne l’ai plus, et les négatifs ou les tirages ont disparus eux aussi je ne sais où. Il ressemblait à ça :

Avec des pellicules en boitiers semblables à des châssis de voiture miniature et des flashes-cubes jetables.

La qualité était médiocre mais je développais mes films au labo du centre aéré où j’apprenais ensuite à tirer mes malheureux clichés à l’agrandisseur puis à passer le papier dans les différentes cuves. J’adorais voir monter l’image dans le bac de révélateur. Aujourd’hui encore, l’odeur vinaigrée d’un laboratoire argentique agit sur moi comme la célèbre madeleine…

Dès mon premier voyage, à dix-huit ans, j’ai emprunté la Rétinette Kodak de mon père, qu’il avait achetée dans les années soixante et dont il ne se servait plus guère. C’est l’appareil dont la photo ouvre cet article.

La Rétinette possédait une cellule à aiguille, une visée non reflex – pour la netteté, il fallait soi-même estimer la distance entre l’appareil et le sujet – et un objectif fixe Rodenstock Reomar de 45 mm qui ouvrait à 2,8. Déjà mieux que l’Instamatic. Je l’ai emporté avec moi aux quatre coins, essentiellement chargée en diapositives.

Comme ici, à Derry, en 85.

Puis je me suis acheté un FM2 Nikon. Entièrement manuel. Increvable. La visée reflex et la définition me changeaient un peu…  Je n’ai d’abord eu qu’un 50 mm, ouverture à 1,8. Avec lequel j’ai photographié ce chien qui dormait sur une terrasse de restaurant, au centre de Oaxaca, au Mexique.

Puis j’ai équipé plus tard le boîtier d’un 24 mm, ouverture à 2,8. Je l’ai toujours, ainsi que le 50.

Je l’emporte encore avec moi un peu partout, sauf en randonnée – son poids, relatif, est aujourd’hui rédhibitoire : 881 grammes. Je ne le charge plus qu’en noir et banc. Je fais développer mes films chez Négatif plus, à Paris, où je fais également tirer une planche contact puis je scanne ensuite les vues – les rares que j’estime réussies – avec ceci :

… en compagnie d’un logiciel qui s’appelle Silver fast 8. Pour un amateur, le résultat est suffisant. Exemple à Orléans, cet automne :

En 2007, je suis passé au numérique. Je cherchais un boîtier performant mais léger et peu encombrant. Canon venait de sortir son premier compact haut de gamme, le G9. Je l’ai, lui aussi traîné un peu partout. Voici mon cliché préféré de la première série que j’ai faite avec lui. Où l’on voit que les arbres aussi, peuvent être érotiques.

Puis, hélas, une maladresse a fait tomber le G9 sur un parking. Mort. J’ai donc adopté son petit frère, le G16.

Dont j’apprécie, comme sur le G9, la compacité, la qualité augmentée du capteur – presque celui d’un reflex à présent – et le mode entièrement manuel. C’est cet appareil que j’utilise pour les prises de vue sous-marines. J’en parle ici.

Enfin, il y a deux ans, ma femme m’a offert un iPhone, le 7, choisi après conseil d’un ses collègues pour la qualité de ses photos.

C’est ce dernier qui me suit dans mes fantaisies buissonnières, pour les illustrer. Emballé dans une coque étanche de chez Lifeproof. Avantage : son poids, plus tout le reste – un terminal d’ordinateur dans la poche. Inconvénient : tout automatique. A part le cadrage, je n’ai plus la main sur grand chose. Reste tout de même qu’il fait de belles images – surtout le paysage, avec son grand angle.

Non?

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