Sous la mer8 mn de lecture

Avant le numérique,

l’incontournable Nikonos se chargeait en diapositives argentiques et compte-tenu du nombre de prises de vues ratées, inévitables en plongée, il ne s’adressait que rarement aux amateurs. Pour les curieux, on peut lire ici une histoire de cet appareil mythique.

Au début des années 90, on trouvait des appareils argentiques jetables, étanche à dix ou quinze mètres.

Ilsi produisaient des clichés amusants mais fort médiocres. Exemple ici avec ton serviteur, en apnée dans les grottes de corail antillais de St Martin.

Aujourd’hui

De même que la plongée sous-marine s’est considérablement démocratisée, le numérique a révolutionné le confort de prise de vue – jusque dans une certaine mesure, et selon le niveau d’amateurisme auquel on se situe, car même richissime, ne rêvons pas, on n’achètera jamais le talent de Laurent Ballesta, sublimé par les plongées d’exception qu’il réalise.

Cela étant, de même que n’importe quel individu un minimum à l’aise sous l’eau peut facilement s’offrir son premier niveau, tout le monde peut désormais emporter sous l’eau un petit compact voire, le plus souvent, une caméra go-pro pour immortaliser ses immersions. Au fond, comme sur terre, tout dépend du rendu que l’on attend de ses clichés : de simples souvenirs ou des vues plus ambitieuses. Et tout dépend aussi du fourbi plus ou moins volumineux dont on accepte de se charger.

De mon côté, je n’aime pas m’encombrer. J’aime d’abord et avant tout plonger et profiter. L’appareil est là, au cas où. Très exactement comme quand je me promène en ville ou dans la nature. Pour autant, comme j’aime la photographie, sans viser la qualité professionnelle, j’ai tout de même à coeur de produire des clichés dignes de ce nom.

L’objet de ce article n’étant pas de te présenter toutes les possibilités existantes – il y a des sites très bien pour ça – je vais à présent te parler de mon petit matériel et surtout, ce qui est inévitable en photographie sous-marine, de son évolution au gré des différentes expériences.

Le premier caisson

Le Canon G9. A l’occasion d’un séjour au Mexique, l’hiver 2008, et parce que j’avais prévu de me remettre très sérieusement à la plongée, je l’ai mis dans son caisson dédié.

Voici la toute première photo faite avec ce système, en apnée, sur l’île de Cozumel, avant d’aller dériver en scaphandre le long de la deuxième plus grande barrière de corail du monde.

Pendant six ans, j’ai emporté le G9 et son caisson aux quatre coins. Aux Canaries.

En Mer Rouge.

Aux Antilles.

En Mer d’Iroise.

Jusqu’à 30 mètres, voire 40,  j’étais très content des clichés qu’il prenait. Pour l’adjonction de lumière, le diffuseur du flash placé sur le nez du caisson suffisait à isoler le sujet de près, telle cette étoile de mer dite “biscuit”, rencontrée en Croatie – preuve par ailleurs de l’influence de la biscuiterie LU sur les écosystèmes marins, mais ceci est une autre histoire : ne nous égarons pas.

En revanche, sur certaines épaves profondes, comme le Togo dans la baie de Cavalaire dont la proue repose sur le sable à 60, l’autofocus était systématiquement défaillant. Pas top. Cela étant, même flou, le cliché donne un petite (quoique fausse) idée de la narcose à l’azote à ces profondeurs.

Puis le G9 a rendu l’âme en tombant au sol, sur un bête parking, une après midi de juillet 2014.

Comme j’aimais beaucoup cet appareil, je n’ai pas cherché bien loin : j’ai acquis son grand-frère, le G16. Pas déçu.

Canon G16

En revanche, côté caisson, j’ai fait une erreur : par souci d’économie, et parce que le caisson de base du G9 – incompatible avec le G16, les marchands sont malins – m’avait globalement convenu, j’ai racheté un caisson basique.

Grosse déception dès les premières immersions. Pas satisfaisant du tout : outre que je rencontrais les mêmes problèmes d’autofocus qu’avant, dès 40 mètres, le flash était désormais inopérant et le caisson ne me laissait toujours pas accéder au mode manuel. Sous les tropiques, au Soudan par exemple : pas de souci : plongées globalement peu profondes, grande clarté et lumière. Cette photo n’est pas très réussie mais donne une idée du propos :

Souhaitant avoir accès à toutes les fonctions de mon appareil, et ne plus être ennuyé sur les plongées profondes, j’ai donc investi dans un caisson plus performant de marque Ikelite.

Lequel n’avait plus de souci d’autofocus, même poussé à 65 mètres, et me donnait enfin accès au couple vitesse/diaphragme. Parfait? Voire.

Car le constat, au bout d’une centaine de plongée, restait mitigé : fragilité de la dragonne cassée par deux fois, dont une au risque de perdre l’appareil, rattrapé in extremis en remontant sur le bateau, blocage systématique de certains bouton-poussoirs, celui de la macro surtout, malgré les rinçages soigneux au liquide vaisselle, et impossibilité d’adjoindre des lentilles (macro ou grand angle) performantes… Malgré tout de même un prix élevé : plus de 600 euros.

Compte-tenu de l’investissement, j’ai donc gardé ce caisson six ans, et je lui ai même adjoint un hublot qui me permettait de récupérer la focale légèrement grand angle de l’appareil.

Cher et globalement décevant. Encore un coup dans l’eau, c’est le cas de le dire… Exemple avec un banal paysage méditerranéen : sans le hublot, puis avec.

On voit le léger recul mais ce n’est tout de même pas super convaincant.

Là-dessus, tant qu’à m’enfoncer dans mon piège abscons – c’est à dire conserver l’existant imparfait compte-tenu de l’investissement initial plutôt que d’envisager un changement radical – j’ai acheté un phare sur les conseils d’un ami niçois : le modèle Sea Dragon 2500 de chez Sealife. 2500 pour le nombre de lumens qu’il produit, soit l’équivalent d’une ampoule de 250 watts.

Au début, j’en étais vraiment très content. Cette jolie flabelline mauve prise à 30 mètres en Méditerranée, par exemple, m’a enthousiasmé.

Ou bien cette murène, dans la baie de Villefranche.

Les couleurs étaient magnifiques. Mais hélas, très vite, plusieurs inconvénients sont apparus, le principal étant celui de sa diffusion : la lumière est très large, de sorte que lorsqu’on photographie de près, dans des eaux peu chargées en particules, c’est parfait. Mais lors des plongées de nuit, par exemple – à l’ambiance si particulière – rien à faire : le phare éclaire toutes les particules parasites, l’autofocus ne comprend plus rien, et les clichés sont immanquablement ratés.

Par ailleurs, le système de platine qui permet d’accrocher le phare sur le caisson n’est compatible qu’avec les appareils Sea Life, dont la qualité est nettement en-dessous de ce que mon G16 me procure. Bref, encore un achat coûteux qui s’avère, in fine, pas optimal…

De là, après notamment plusieurs croisières et bien des échanges avec d’autres plongeurs photographes, j’ai décidé de sortir de cette spirale infernale, tout en conservant le G16 pour ne pas avoir à passer aux trop encombrants Reflex – ou aux hybrides tout de même coûteux comme la gamme OM de chez Olympus.

J’ai opté pour un caisson de marque Isotta – fabricant italien haut de gamme, dont la monture du hublot accepte toute sorte de lentilles – et que m’avait vanté Félix, en Egypte.

Puis j’ai opté pour un flash Inon très performant, dont les qualités m’ont été décrites, elles, par Markus aux Maldives.

Avec une accessoirisation complémentaire incontournable : platine, bras et lentille macro de chez Nauticam pour commencer.

Il ne me reste plus qu’à tester tout cela lors de la prochaine sortie qui, si la crise Covid m’en laisse l’occasion, sera consacrée à l’exploration de Cenotes paumés dans la jungle du Yucatan.

Complément : mon petit appareil de secours.

Offert par ma femme parce que mon G16 était tombé en panne trois jours avant un départ pour l’Egypte et que je ne cessais de pester à la plage.

Marque Sealife, comme le phare que je n’avais à cette époque pas encore testé de nuit. Pas mal.

Toutes les prises de vue du récit intitulé Marine Park sont effectuées avec ce petit appareil à caisson intégré. J’aime beaucoup l’ambiance de celle-ci, dans les cales de la très célèbre épave du Thistlegorm.

On dirait un décor. Non?

Vous pouvez retrouver les déboires de cette panne aux articles suivants : une contrariété à J moins 3 et le test de l’appareil – pas de l’oursin.

J’ai conservé ce petit appareil en boitier de secours, dans la perpective – désormais possible – d’une nouvelle panne : du genre à se produire évidemment en plein milieu d’une navigation exotique, sinon ce n’est pas drôle.

Je complèterai cet article quand j’aurais eu l’occasion de tester le nouveau caisson et ses accessoires. A bientôt, donc.

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