Misère des cordes23 mn de lecture

Lors de ma dernière croisière plongée en Indonésie, j’ai évoqué à plusieurs reprises la douloureuse crise de sciatique qui m’a pourri une partie du séjour et je me suis donc senti tenu de t’en dire un peu plus à ce sujet.

Sauf que ce petit article en principe très simple à composer, censé mettre l’accent sur le côté Tramadol incorporated de la croisière Raja Ampat, s’est révélé finalement beaucoup plus complexe à rédiger que je ne l’avais prévu.

D’abord parce que j’ai promis à Sandrine, « ma » kiné qui pratique la méthode Mézières, de lui faire un petit topo sur mon expérience de patient pour la revue des kinésithérapeutes qui appliquent cette approche singulière et très efficace.

Ensuite parce qu’à ces deux intentions initiales s’en est ajoutée une troisième : l’historique de mes soucis de rachis – et le premier qui dit Parmentier ou Dadati sort de la salle – historique destiné au rhumatologue de pointe que m’a conseillé François, mon binôme, lequel résumé m’a fait remonter à 1993 : année du premier bilan radiologique de cette partie de mon corps.

Et je me suis trouvé coincé – c’est le cas de le dire. Comment faire? D’où partir? De la rencontre avec la méthode Mézières? De la première sciatique? Incapable de choisir un point de départ, je me suis mis à raconter ma vie au fil du clavier, sous l’angle du mal de dos.

En me relisant, j’ai d’abord trouvé ça impudique et vain, forcément – mais ce blog n’est-il pas lui-même impudique et vain? – et puis, j’ai songé qu’on devait être quelques millions à avoir vécu les mêmes tourments et qu’au fond, ça pouvait être intéressant de partager cette expérience qui nous unit toutes et tous dans cette fraternité moderne et camphrée, j’ai nommé : la ☠️ 🧨 🔪🦿🌵🤮 de lombalgie.

NB : si tu arrives ici par les liens de Raja Ampat et que tu souhaites naviguer directement au Tramadolistan, le chapitre 9 du sommaire t’y mènera tout droit.

Sommaire

A propos du titre

« Misère des cordes » est un calembour involontaire : c’est un mot d’enfant phonétique et poétique, celui que prononçait Alice, ma fille aînée, vers l’âge de trois ans, quand elle souhaitait exprimer son accablement absolu. 

Cette expression m’est revenue malgré moi, un jour où Sandrine, kinésithérapeute méziériste évoquée supra, était en train de me travailler un endroit précis du bout des pouces, quelque part dans le mollet droit. « Travailler » s’entend ici au sens médiéval du terme, évidemment.

D’habitude, quand j’ai vraiment très mal sur la table de massage, j’utilise des insultes en arabe. Nardinamouk et autres zoboromok ont en effet le double avantage de m’éviter de dire la même chose en français, ce qui est notoirement moins élégant, et de faire rire Sandrine parce que j’y mets l’accent acquis lors d’une année passée dans le Sud Tunisien, année que j’évoque brièvement au début du récit de mon dernier trip saharien.

Mais ce jour-là, va t’en savoir pourquoi, c’est l’expression d’Alice qui m’est venue, par association libre, et Sandrine l’a trouvée intéressante parce qu’en kiné, et particulièrement chez les méziéristes, les chaînes postérieures et antérieures en conflit, les fascias, etc. les praticiens les nomment des « cordes », celles qui, précisément, concourent à la misère du patient.

Ça collait donc hachement bien. Pour me remercier, Sandrine a arrêté de vriller ses doigts entre mes muscles jumeaux et j’ai même eu le droit de souffler. La fête.

Anamnèse

Comme je le disais en intro, mes ennuis dorsaux ne datent pas d’hier. Adolescent et jeune adulte, dans mon souvenir, ils me laissent en paix. Mais en 1993, après plusieurs années vécues à l’étranger, quand je m’installe à Nîmes avec la mère de mes futures filles, dans une nouvelle aventure très « domicile conjugal » – comme dans le film de Truffaut…

copyright les films du carosse 1970

… je commence à ressentir des douleurs lombaires récurrentes.

Je me lie d’amitié avec mes voisins, dont l’un est un authentique torero… 

… auquel je sers de chauffeur une fois, en Espagne, lors d’un trip tauromachique au coeur de la Rioja où rien n’a changé depuis les années 30. De quoi largement écrire une nouvelle à la Hemingway – projet d’autant plus pertinent aujourd’hui qu’Amor est mort au printemps dernier et que je songe depuis un an à lui consacrer un hommage que je ne parviens pas à mettre en forme, mais ceci est une autre histoire.

Bref. Pour l’heure, revenons aux nineties, où je confie donc à Amor que j’ai un peu mal aux reins. Il m’envoie illico chez son médecin, lequel me prescrit des radios qui révèlent une suspicion de discopathie naissante en L5 : rien de méchant. J’enchaîne classiquement des séances de rééducation posturale en kinésithérapie, que je poursuis à la maison sur un tapis tout neuf, tout en me remettant à faire ce que je pratique depuis l’âge de vingt ans mais que j’avais un peu laissé de côté ces derniers temps : courir, le plus souvent possible et si possible, justement, tous les jours. Je perds le surplus de poids accumulé dans ce début d’embourgeoisement relatif et le mal de reins s’estompe.

Par ailleurs, comme il faut mettre du beurre dans les pâtes, je suis employé comme vendeur à Décathlon, spécialisé en matériel d’escalade et de randonnée, cependant qu’en parallèle, je me suis réinscrit en fac de lettres par correspondance, à Montpellier pour achever un cursus abandonné cinq ans auparavant, à la Sorbonne, où je crevais alors d’ennui.

Le week-end, galvanisé par le matériel que je vends la semaine, je grimpe sans relâche sur les falaises du coin, notamment Collias ou Russan, dont j’adore la baume percée et les faces sud, l’hiver, à l’abri du mistral, qui te donnent l’impression d’être un lézard rampant sur le calcaire chaud.

Là-dessus, je réussis le CAPES de lettres en 97, je me marie, je deviens papa deux fois et déménage six fois avant de m’épuiser à retaper une vieille maison entre Seine et forêt de Fontainebleau, ma région natale, où je suis revenu au gré des mutations.

Sur quoi, mon couple étant épuisé lui aussi, je divorce. Le bénéfice de la vente de la maison – merci les travaux – finance un an de grandes vacances pendant lesquelles je reprends le sac de mes vingt ans et pars tracer des pointillés sur la mappemonde, revenant régulièrement pour retrouver mes filles.

Après cette année de coupure et de réflexion, je réussis un autre concours, celui de chef d’établissement et je rencontre ma deuxième épouse dans une librairie, comme dans une bluette anglaise des années 90. Sur quoi, je déménage quatre nouvelles fois.

De quoi remplir quelques albums photo, comme tout le monde, entre naissances, vacances à la mer, repas trop arrosés et cimetières sous la pluie. 

Et bien entendu, puisque c’est tout de même de cela dont il s’agit, en fil rouge de toutes ces années : je subis des lumbagos ponctuels, toujours plus douloureux malgré le sport et les étirements réguliers sur mon désormais vieux tapis de sol à la couleur passée.

En fonction des changements de villes et de médecins, je passe quelques examens – radios, IRM – où l’on ne voit jamais rien sinon le mystère de mon propre intérieur, et je mange des wagons d’antalgiques ou de décontractants aujourd’hui disparus – qui se souvient du Di-Antalvic ou du Myolastan par exemple? Et puis je fais des séances de kiné qui ne servent pas à grand chose, sinon à enrichir mon répertoire gestuels d’étirements.

Je prends des gadins aussi : je tombe par exemple entre deux blocs, à Fontainebleau, m’enfonçant le sacrum entre les iliaques ; mon échelle ripe en descendant du toit d’une dépendance de ma maison dont je viens de démousser les tuiles, et j’atterris sur les pavés de la cour et sur les dorsales 3, 4 et 5, lesquelles apprécient modérément la rencontre. Je tombe de mon vélo également, en hiver sur mon trajet quotidien, accroché par un camion poubelle qui ne s’arrête pas, ce salaud, alors que le passager, dans son rétroviseur, m’a nettement vu m’éclater le bassin sur l’angle du trottoir. Puis je chute une énième fois à ski, sport préféré des orthopédistes auquel je dois déjà la rupture des ligaments croisés du genou gauche, opérés en 90, et où la dernière bûche sur une plaque de glace, en 2014, me vaut une paresthésie temporaire de la zone lombaire gauche…

Bref : rien que de très banal pour un actif enthousiaste. Mais ça n’arrange pas mes affaires, fatalement.

copyright olivier diacci 1985

L4 L5 S1 S2

Il y a une douzaine d’année, en chahutant avec Alice – l’autrice de misère des cordes, qui culpabilise encore alors que je ne cesse de lui répéter qu’elle n’y est pour rien, la malheureuse – je me fais sortir une bête hernie discale entre L4 et L5, laquelle titille aussitôt S1 et S2 à gauche.

Des codes de bataille navale : touché, coulé. 

De nos jours, tout le monde a mal au dos. Et connaît donc quelqu’un. Ainsi des collègues compatissants m’envoient-ils chez un étiopathe local, réputé pour ses miracles orthopédiques.

Et en effet, le gars, efficace, me libère la sciatique en deux séances rapides, propres et nettes. Trop fort.

Deux ou trois semaines après son intervention, cependant, un truc étrange apparaît à droite, de l’autre côté : une sensation déplaisante que je n’avais jamais ressentie auparavant, à la fois douloureuse et intermittente, par éclairs dans la zone du psoas-iliaque, avec une dérobade musculaire ponctuelle de la cuisse. Vraiment bizarre. Ça me gêne de plus en plus lors de mes sorties de course à pied.

Je retourne voir le magicien qui m’assure que les deux phénomènes n’ont aucun lien entre eux. Mouais. Peut-être. N’empêche que je le soupçonne, peut-être à tort, d’avoir causé ce souci à droite par une espèce d’effet ricochet.

Je le quitte donc sur un sourire poli et définitif.

Comme si les lumbagos ponctuels ne suffisaient pas, ce problème inexplicable et nouveau, cette espèce de morsure-éclair à droite, tantôt sur le haut, vers les muscles fléchisseurs de la hanche, tantôt dans l’aine, plutôt vers les adducteurs, avec une sensation fugace de dérobade musculaire, se met à me pourrir la vie. La course à pied, notamment.

Et moi qui avais cavalé dans le monde entier, sur de la terre, du sable, de la latérite, du goudron, de la neige même, un vrai petit Forrest Gump, je m’arrête définitivement de courir un jour gris de novembre, à vingt mètres de la Croix de Toulouse, au coeur de la forêt de Fontainebleau, à cause de cette douleur incompréhensible que personne n’est capable d’endiguer ou de résoudre.

Je m’en souviens comme si c’était hier : j’étais à la fois très triste et très en colère, sale mélange.

La mort dans l’âme, je remise donc mes Mizuno…

… puis, sur d’autres recommandations, je consulte un ostéo parisien, vers la place des Ternes : cric, crac, le gars me remet systématiquement la colonne dans les rails en dix minutes chrono. Hélas, tôt ou tard, paf : le toutim déraille de nouveau, souvent au premier mouvement d’aiguillage. Pas rentable : autant jeter directement les 70 euros de chaque séance par la fenêtre du train qui m’emmène et me ramène, pour rester dans l’imagerie ferroviaire.

La décennie suivante

En 2013, je change de poste et déménage de nouveau. Comme mon problème « hanche-psoas » persiste, irrégulièrement, et que, parfois, mes lombaires de surcroît se bloquent, une amie prof de sport me conseille un énième et nouvel ostéopathe.

Plutôt doué, lui.

Sa technique, sans craquement et tout en étirements et massages en profondeur, parfois douloureux, n’est pas très éloignée de la méthode Mézières. De tous, c’est celui dont l’approche est en tout cas la plus intelligente et la plus efficace. Je le vois donc pendant quelques années, environ quatre fois par an, soit de manière préventive, soit curative, lors notamment des lombalgies carabinées qui apparaissent au gré de certaines situations – professionnelles ou personnelles parfaitement identifiées, elles, c’est déjà ça. 

Ne pouvant plus courir, je décide de me mettre au yoga et je débute avec Céline, une prof particulière qui vient chez moi tous les mardis midi. Et petit à petit, lentement mais sûrement, le bénéfice des séances s’installe au point qu’au bout d’un an, je me mets à pratiquer quotidiennement sur mon tapis – un tout neuf, en caoutchouc très agréable – une sorte de routine d’hygiène corporelle addictive, entre le café et la douche.

Là-dessus, le COVID et l’éloignement relatif de l’ostéo, à plus d’une demi-heure de voiture de la maison, m’amènent à me contenter de gérer mes douleurs tout seul sur mon tapis, en reprenant les séances hebdomadaires avec Céline dès la désincarcération de la population occidentale.

Je lis des livres en papier aussi, pour tenter de mieux comprendre – une vieille manie.

Sur les lumbagos, cette approche est très efficace. Mais le problème hanche-psoas, lui, perdure. Très irrégulièrement, certes, mais parfois péniblement. 

J’en parle au médecin qui me fait passer des radios ainsi qu’une IRM, mais tout est normal dans la zone de la hanche droite : aucune anomalie.  C’est incompréhensible. Certaines postures de yoga – les fentes, par exemple – me soulagent un temps mais une semaine plus tard, la simple montée de l’escalier de mon duplex me fait grimacer pendant deux jours. Et puis de nouveau plus rien. A n’y rien comprendre.

Au printemps 2023, on me conseille donc un énième rebouteux, réputé pour redresser tout ce que Fontainebleau compte de tordus – je ne parle que de torsion posturale, évidemment, pour le reste, la proportion de crétins pervers est ici la même que partout, hélas.

Ce nouveau venu voit tout de suite, lui, ce qui cloche : une bête histoire de bascule de bassin. Oh! Pas grand-chose, à peine 3 millimètres, et encore. Ah bon? C’est à cause de ça? Oui, oui, regardez : et il me montre tout ça sur sa maquette de rachis. 3 millimètres qui suffisent à mettre le merdier. Evident. Cohérent. Mais comment ne l’avons-nous pas vu plus tôt, samerlipompette!

Allez, en calecif, sur la table. Et crac dans un sens, crac dans l’autre, crac-crac sur la colonne pour fignoler le boulot et hop : deux séances plus tard, je peux même recommencer à courir.

 – Heu… Vous êtes sûr? 

 – Absolument. Reprenez gentiment. Mais ça va aller maintenant.

Je n’ose y croire.

De la durabilité des miracles

Je renoue avec quelques vieux circuits de courses à pied – des boucles prudentes de 20 minutes que je rallonge évidemment très vite à 40, trop content d’avoir rajeuni de quinze ans, et là-dessus, hop : je pars marcher dans le Sahara marocain.  

Un trek raisonnable : 120 bornes en 5 jours. 

Au retour du désert, le muscle piriforme du côté droit de la fesse me gêne anormalement. Sur mon tapis, je l’étire de toutes les façons possibles – j’en connais plein à présent – mais rien n’y fait et la douleur gagne du terrain et s’étend. 

Je sens venir la tuile.

Je revois donc l’ostéo, pour le SAV. Toujours cette histoire de bassin, ça a du ressauter, la maquette est formelle, allez, de nouveau en caleçon sur la table et crac et… Putain! En français dans le texte. Il vient de me faire un mal de chien : je le lui dis d’ailleurs. Mais il insiste. Et recrac. Je ressens une douleur à ce point vive que je  deviens cette fois vraiment très ordurier. Et pas en arabe berbérophone : l’heure n’est plus à la plaisanterie.

Le chiropracteur s’arrête et je me rhabille en m’excusant d’avoir été aussi grossier. Il me rassure, il a l’habitude – je ne suis pas sûr que ce soit si rassurant que ça – et je le quitte, très perplexe sur sa théorie du bassin basculé. En boitant.

Evidemment, derrière cette séance, zéro amélioration. La situation vire même au calvaire.

Mon lit, pourtant d’excellente qualité, m’éjecte. Pour dormir, si toutefois on peut encore appeler ça « dormir », je ne supporte plus que mon tapis de yoga à même le parquet. J’essaie d’y trouver le sommeil sous un plaid, en jonglant avec des piles de coussins. Le matin, il me faut une demi-heure pour me déplier de ce mauvais bivouac en me suspendant à la corniche de ma vieille armoire et en meuglant comme un veau.

Du sacrum à la malléole externe droite, le nerf sciatique n’est plus qu’une espèce de trajectoire brûlante. Brûlante n’est même pas le mot. Pinçante. Ecorchante. Lacérante. En douleur, sur une échelle de zéro à dix comme on le demande aujourd’hui au patient, je suis à dix.

Voire à onze, comme sur les amplis du guitariste de Spinal Tap.

Mon nouveau médecin – en trente ans, j’en ai changé autant que d’adresses – veut m’arrêter trois mois, ce qui m’est impossible.

Elle me rédige alors une ordonnance digne d’un sportif de l’ex RDA et m’envoie passer des clichés qui se révèlent toujours aussi paradoxaux : l’IRM n’a pas bougé depuis dix ans. L’hernie discale est toujours là, et doit en principe pincer le nerf à gauche. Je ne devrais donc pas souffrir à droite. Et pourtant..

La doctoresse me conseille de poursuivre les anti-inflammatoires et le Tramadol en antalgique, que je supporte, plus ou moins, et me prescrit des séances de kinésithérapie.

Mais tous les cabinets que j’appelle ont la même réponse : les premiers rendez-vous sont dans six mois, au moins.

Rencontre avec Françoise Mézières

Ma femme me suggère alors de contacter Sandrine, une copine, ancienne mère d’élève du collège que je dirigeais précédemment, fidèle lectrice des Fantaisies et qui m’avait en effet déjà parlé de la méthode Mézières qu’elle pratique comme kinésithérapeute. Je n’avais pas du tout pensé à elle, d’abord, à cause de ces bêtes cloisons mentales qu’on construit parfois, sans le vouloir.

Coup de fil, rendez-vous rapide et amical dans un agenda pourtant surchargé.

Afin que je me familiarise avec la méthode qu’elle emploie, Sandrine me prête une brochure où je fais la connaissance posthume de Françoise Mézières, de son incroyable coupe au bol et de son approche thérapeutique par les chaînes musculaires.

NB : tu sauras tout à ce sujet  en cliquant sur l’image ci-dessous.

copyright https://methode-mezieres.fr

Puis je m’allonge comme je peux sur la table et Sandrine me prend une jambe et l’étire en y allant mollo, constatant, navrée, l’étendue de la catastrophe.

Mais, optimiste, elle me dit aussi qu’on va arriver petit à petit à remettre tout ça d’aplomb. Une partie de mes problèmes vient du conflit entre ma chaîne postérieure, qui s’étend de l’arrière de mon crâne à mes talons, pour faire simple, et ma chaîne antérieure, les muscles de  « devant ». De ces deux forces antagonistes en lutte de territoire naissent, non pas des volcans mais des lumbagos, des sciatiques, et tout un tas d’autres joyeusetés douloureuses.

Mars, avril, au collège, je travaille debout tant que je peux, puis, quand la douleur devient intenable, je file à la maison m’allonger en croquant du Tramadol – qui me donne le teint verdâtre et me fait tourner la tête, mais soulage ma douleur. On ne peut pas tout avoir. L’ivresse sans la gueule de bois, par exemple. Je sais, ce serait bien. Et respirer sous l’eau avec des branchies aussi.

Le téléphone portable est allumé sur la table basse et j’ai l’ordinateur sur les genoux, pour les courriels, mais comme le collège tourne bien et que je ne suis pas souvent dérangé, j’en profite pour rédiger plusieurs articles des Fantaisies et faire des projets estivaux.

Puis, deux fois par semaine, je prends place sur la table chauffée de Sandrine, qui m’étire les jambes bien au-delà de ce que j’aurais fait moi-même – dans ces moments-là, il m’arrive de songer à Ravaillac – ou bien elle me chafouine avec les pouces quelques points névralgiques qu’elle a le chic de trouver avec une facilité déconcertante : 30 ans de métier.

Ce n’est pas agréable, c’est même franchement très douloureux par moments, mais grâce à la connaissance que j’ai acquise de mon propre corps depuis que je tente de comprendre pourquoi je souffre, je saisis parfaitement ce que fait Sandrine et je la laisse me « malmener » pour mon bien, en toute confiance.

Et trois mois de méthode Mézières plus tard, à raison de deux séances hebdomadaires au début, puis d’une seule ensuite, je me sens parfaitement réaligné – Céline elle-même le constate lors de la reprise de nos séances de yoga – et je n’ai plus aucune douleur, ni dans le rachis lombaire, ni le long de la jambe droite. Quelque raideurs résiduelles sur les mouvements qu’on appelle des pinces, mais franchement, je pinaille.

Victoire! Mes soucis neuropathiques sont à présent derrière moi. A jamais.

Pour fêter ça, j’accomplis en solo un parcours alpin assez exigeant au mois de juillet.

Et après trois semaines de plongées niçoises en août…

… je fais comme tout le monde et je reviens pour la rentrée des classes. Pas très envie, mais bon : nécessité d’un salaire et toutes ces sortes de contraintes.

Emmerdes en escadrille

Dès le lendemain de mon retour, je passe voir mon père. Il a 86 ans et vit seul depuis le décès de ma mère, à une quinzaine de kilomètres de chez moi.

Autrefois très sportif…

il cumule à présent plusieurs maladies neuro-dégénératives qui entravent sa mobilité et son autonomie.

Evidemment, sa maison est à étage, sa chambre et sa salle de bain sont au premier, et ma hantise depuis quelques temps, au vu de sa diminution physique, c’est qu’il chute. Ce qui se produit le 24 août, en ma présence – c’est heureux – mais lui fait perdre connaissance : explosion de l’arcade sourcilière, fracture de la pommette, déviation de la cloison nasale : victoire du tapis par K.O. Après m’être assuré qu’il ventile, je le ranime doucement, le relève, constatant au passage qu’il ne pèse plus rien, un sac d’os, puis je l’assois, je vérifie ses pupilles et sa conscience du lieu, et de qui je suis, etc, ce qui l’agace, évidemment – et me prouve au passage qu’il va mieux – puis je nettoie son arcade bien coupée qui nécessite des points, et j’appelle le SAMU.

De là, après une nuit d’observation aux urgences, mon père est hospitalisé en gériatrie trois semaines, durant lesquelles nous avons tous les deux le temps de poser le constat de l’impossibilité de rester dans sa maison, où il refuse de surcroît toute aide extérieure. Je le prends en photo et il me rend la pareille – l’appareil : on est en plein revival COVID et le cadrage en contre-plongée s’explique évidemment par son assise en fauteuil. L’expert notera la présence inopportune de son index, sur l’objectif.

Fin septembre, il entre en Ehpad, non loin de chez moi, et tout cela m’occupe à plein temps, émotionnellement comme administrativement.

Mais comme le disait Jacques Chirac, cet élégant philosophe, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ».

Parce qu’en plus de l’accompagnement de mon père, j’hérite dès la fin août d’une problématique professionnelle qui s’avère assez vite aussi polluante que toxique.

La situation s’envenime tout au long de l’automne et atteint bientôt des niveaux industriels

Et pendant ce temps, à l’Ehpad, mon père s’étiole à vue d’oeil.

Après Noël, malgré le doublement des séances avec Sandrine, navrée de ce retour à zéro, je vois revenir les nuits blanches sur le tapis de sol, les dépliages douloureux du matin : une fois, il me faut jusqu’à 45 minutes de souffrance sans nom pour simplement parvenir à tenir debout droit sur mes jambes.

Très rapidement, je n’en peux plus. Je suis épuisé tant physiquement que mentalement. Un peu dans l’état de ce personnage, sur l’affiche du célèbre film de Cronenberg de 84. 

Un matin de la fin janvier, tandis qu’elle fait ce qu’elle peut et que ses manipulations m’amènent au bord du malaise vagal, Sandrine me prévient : mon corps est en train de me lâcher. Je dois impérativement m’arrêter. Vraiment. Complètement. Tout débrancher. Sinon, c’est le SAMU qui va venir me chercher à mon tour.

Elle a raison.

Le soir-même, je suis chez le médecin, qui est évidemment du même avis et met donc le paquet : cortisone en charge lourde, opiacés bien sentis, somnifères pour aider le sommeil et même un peu de Lexomil pour calmer un peu tout ça. Plus, bien entendu, la multiplication des séances de kiné et la signature de mon premier arrêt maladie en quinze ans de service.

Cet arrêt forcé me fait du bien : je dors un peu mieux, le travail avec Sandrine avance et surtout, bénéfice collatéral, mon arrêt permet à ma hiérarchie, alertée depuis la mi-novembre, de régler enfin la situation au collège.

A l’approche des congés d’hiver, je vais donc nettement mieux – grâce à la quadruple alliance cortisone-tramadol-DSDEN-Mézières – et, confiant, j’aborde avec Sandrine la question de mon voyage très prochain, de l’autre côté de la planète.

Il y a déjà un an, en effet, que j’ai calé une croisière plongée au large de la Papouasie et j’ai besoin de tourner la page sur toute cette sale période. Par ailleurs, j’ai déjà annulé un séjour l’an passé, sur les épaves de Malte, à cause de la chiatique. On ne va pas recommencer, hein?

 – Tu es encore fragile, me dit Sandrine. Emporte-bien toute ta pharmacie, et dans l’avion, marche autant que tu peux. Fais aussi les exos neuro-dynamiques que je t’ai montrés. Et hydrate-toi autant que tu peux. Ça devrait aller et de toute façon, il faut te changer les idées.

Let’s go, donc. Bouclons le sac de plongée en sifflotant.

En croisière auTramadolistan

Paris-Sorong

Très vite, le jour même du départ, je sens que le trajet risque de ne pas être aussi simple que je le pensais. Rien que l’heure et demie de voiture pour me rendre à Roissy, déjà, me chatouille péniblement la fesse droite. Fatalement, les vingt heures d’avion qui m’attendent m’inquiètent un peu.

J’ai emporté un joli petit carnet tout neuf avec moi, pour prendre des notes en vue des Fantaisies. Avec une couverture à l’exotisme naïf qui fleure bon les lointains colorés.

Hélas, en matière de récit d’aventure, les premières lignes sentent surtout la pharmacie : « Repris un Zaldiar à 12h45, à l’arrivée à Roissy. Le piriforme tire salement. J’en avais pris deux à 7h45. Il faut que je compte, au niveau posologie. Pas trop faire le couillon. * 16h00: 100 milligrammes de Tramadol. »

Tout au long du séjour, ce carnet va se transformer en décompte de médocs. Encore aujourd’hui, maintenant que ça va mieux sans pour autant que tout soit réglé, je suis encore effaré par la relecture de certaines pages.

Tout n’y est que douleur et prise de cachetons.

Le vol Paris-Doha se passe à peu près bien. Je marche, je me masse, j’étire le nerf. A l’aéroport Qatari toutefois, je confie à François, mon binôme, que j’appréhende le vol suivant et ses 8h30. J’ai tout de même très mal, sauf quand je marche.

Durant le trajet Doha-Jakarta, je surdose mes prises en toute conscience. La douleur est montée d’un cran. Une fois encore, je passe les trois quarts du vol debout, à marcher entre les passagers endormis, à me masser avec ma balle de tennis et à faire coulisser mon nerf dans sa gaine grâce aux mouvements que Sandrine m’a montrés. Je n’ai pas dormi depuis plus de 24 heures.

A l’escale de Jakarta, nous bénéficions d’une chambre d’hôtel.

NB : ici fléchée en rouge…

… ma baballe masseuse.

Après une douche bienvenue, je m’anesthésie avec 100 milligrammes de Tramadol pur à libération prolongée, 1 gramme de paracétamol, 10 milligrammes de Zolpidem et je plonge dans six heures de coma artificiel.

Au réveil, je m’envoie 37,5 milligrammes de chlorydrate de Tramadol et 325 milligrammes de Paracétamol. Et hop. Rasé de frais, le regard un peu allumé par toute cette chimie, j’ai le sentiment d’aller mieux.

Les 4h30 de Jakarta à Sorong passent assez vite.

Je réussis même à rester suffisamment assis pour regarder un film dont je ne me souviens pas. Je me suis peut-être endormi. Je ne sais plus. Ou bien le film était très mauvais et mon cerveau a décidé de ne pas encombrer inutilement ma mémoire, ce dont je le remercie. Cela étant, j’ai repris un mélange tramadol-paracétamol et un demi lexomil, en prime, pour surfer sur l’engourdissement des antalgiques, et il est possible que tout cela ait eu une influence sur mes fonctions cognitives…

A bord de l'Ondina

Une fois installé sur le bateau, j’ai chaud malgré la clim et je me sens nauséeux tandis que nous quittons l’ancrage et commençons à naviguer. Mon visage littéralement ruisselle de mauvaise sueur. Je quitte le carré sans rien manger, en me demandant si je n’expérimente pas pour la première fois de ma vie le mal de mer, et j’ai à peine le temps d’atteindre les toilettes de la cabine que j’y vomis tout ce mon estomac contient – pas grand chose en aliment, beaucoup d’eau et des tas de molécules médicamenteuses en surdose.

Ca commence bien.

En m’équipant pour la première plongée…

… j’avoue mon malaise à François qui s’inquiète à raison de mon teint verdâtre. Je le rassure. Eliminer ce qu’il ne pouvait plus assimiler a fait du bien à mon corps : la plongée va bien se passer. On embarque sur le zodiac.

Et en effet, en apesanteur sous l’eau, miracle : aucune douleur au palmage, aucune sensation de pincement ou autre.

En remontant sur le zodiac, j’ai meilleur moral et je plaisante avec les autres. Je dis que je suis lyophilisé : quand je suis à plat, tu me fous à l’eau et hop, je regonfle. On rigole. Et toutes les plongées se déroulent de la même manière, belles, indolores.

Les jours et les nuits

Vers dix-huit heures, la douleur revient. J’avale à peine un bol de soupe et je file m’assommer sur la couchette, à coup de somnifère et d’antalgiques, les jambes en hauteur sur le bord de la couchette de François.

Ca fonctionne jusqu’à une heure du matin. Mais, comme à la maison, la douleur me réveille et la mollesse de la couchette me vire du lit.

Je monte sur le pont et je m’accroche aux haubans, pour essayer de me déplier en travaillant sur la respiration pour tenter d’atténuer la morsure.

Sur le pont supérieur, dans les odeurs de gazole, le capitaine pilote son bâtiment, tranquillement, en fumant. L’odeur très agréable de sa cigarette titille méchamment mes connexions d’ancien fumeur. On se salue de la main et je redescends, autant pour échapper à la tentation du tabac que pour me pendre de nouveau aux traverses des haubans et m’étirer la colonne. Utiliser la pesanteur pour créer des espaces intervertébraux.

Je me prends en photo pour garder un souvenir de cet instant merveilleux, tandis que le bateau tangue en naviguant vers le sud…

A la proue,  je m’allonge sur un banc de bois dont la rigidité paradoxalement me soulage, en regardant les étoiles passer d’un bord à l’autre des mats du bateau au gré du roulis. Je m’endors là, épuisé et bercé, pendant une heure ou deux, puis je me réveille ankylosé et regagne la cabine jusqu’à ce qu’à 5 heures, de nouveau, la sciatique ne me chasse du lit

La douleur est telle pour me déplier et simplement me mettre debout que j’en ai les larmes aux yeux. François réveillé, je lui confie que je songe à appeler l’assurance rapatriement. Il est désolé pour moi et se sent impuissant. 

Par SMS, j’informe Sandrine qui vient aux nouvelles que le voyage en avion a été terrible et que je viens de recommencer le cycle de cortisone prescrit par le médecin. Elle me dit que j’ai bien fait et me rassure comme elle peut.

Je prends une douche et je monte dans le carré, boire un café. Le lever de soleil est magnifique.

Sur quoi, je vais m’équiper.

En principe, quand on lit bien tous les manuels, PADI en tête, je devrais impérativement m’abstenir de plonger. Sauf que je sais que l’apesanteur reste le meilleur remède à mon problème.

Et, comme la veille, la plongée se révèle indolore et magnifique.

Et il sera ainsi de toutes les journées, et de toutes les nuits, puisque je renonce finalement à me faire rapatrier et que de toute façon, on a perdu tout contact avec le réseau.

Réveillé chaque matin à 5 heures, après une nuit de souffrance en pointillé passée entre couchette et banc du pont, où je m’installe parfois avec oreiller et couverture, je profite du lever de soleil…

… puis je vais prendre une douche bien chaude dans l’espace tribord dédié au rinçage des combis.

Sur quoi, je prends un café dans le carré, à mesure que les uns et les autres se réveillent, et nous enchaînons les plongées –  tramadolisées – ce qui entraîne tout un tas de blagues délirantes auxquelles j’adhère en surenchérissant. 

Et passent les journées, antalgiques, subaquatiques, émerveillées et rieuses, et les soirées et les nuits, dolentes, séquencées, peu reposantes quoique sublimes au clair de lune.

Au retour

J’ai fini toutes mes boîtes de médocs, plus une en rab fournie par François, et je sais donc d’avance que je n’aurai pas assez d’opiacés pour atteindre Paris. J’ai à peine de quoi surfer sur les effets jusqu’à Doha, avec un peu de chance.

Comme j’ai une ordonnance, je fonde cependant quelques espoirs sur les pharmacies des aéroports de Jakarta ou de Doha.

En vain. A part du paracétamol ou des anti-inflammatoires de base, ces marchands de pommade n’ont rien de réellement consistant à m’offrir.

A Jakarta, on a de nouveau huit heures d’escale, comme à l’aller, mais sans chambre cette fois. On nous a confié une salle de conférence. Allongé à même la moquette, je m’endors profondément, photographié par mes petits camarades moqueurs.

Puis nous repartons, et j’entame l’un des plus longs vols de ma vie de voyageur, le plus souvent debout, en proie à une souffrance insupportable dans ces espaces intervalles où les stewards et hôtesses préparent les chariots.

L’équipage, compatissant, est aux petits soins et me propose verre d’eau sur verre de jus variés. D’un côté, ça m’hydrate, de l’autre, je pisse toutes les dix minutes : ça me divertit.

A Doha, au comptoir de la Qatar Airways, je demande s’il reste des sièges en business, dans l’espoir d’améliorer la position. Oui, il y en a un. 2400 dollars. Je crois avoir mal compris tant cette somme est absurde. 240? Hundreds? No Sir, 2400, thousands,

Ok, et bien ce siège restera vide, les amis. 

Pendant le vol Doha-Charles de Gaulle, le chef de cabine que j’informe de mon souci m’installe toutefois sur un fauteuil « long legs », ceux qui se trouvent près des portes, et me refile du paracétamol. 1 gramme. 

C’est gentiment attentionné, mais ça ne change rien : la position assise est un concentré de torture et le paracétamol ne produit plus aucun effet depuis longtemps.

Pour ne rien arranger, nous essuyons une heure et demie de turbulences. Sanglé sur mon chevalet, je me mords les lèvres pour ne pas meugler.

A l’arrivée à Charles de Gaulle, je suis à bout de force, dans l’incapacité de reprendre ma voiture au service de voiturier auquel je l’ai laissée deux semaines auparavant : c’est donc François, binôme un jour, binôme toujours, qui me conduit à Fontainebleau avec mon propre véhicule, où ma femme nous accueille, peinée des stigmates que les trente dernières heures ont laissé sur mes traits. 

Je passe la matinée au sol, à tenter de récupérer un peu, puis, en fin d’après-midi, je maintiens malgré tout la réunion d’équipe que j’ai prévue pour présenter à tout le monde ma nouvelle collaboratrice directe et je file ensuite chez ma toubib.

Elle est désolée elle aussi de l’état dans lequel je me trouve et charge donc l’ordonnance différemment : morphine et valium, infiltration radio-guidée, nouvelle IRM et kiné, en attendant le rendez-vous chez le rhumatologue parisien conseillé par François.

Pour l’anecdote, le mélange morphine et valium sensé me terrasser ne fera véritablement effet qu’au troisième jour, les deux nuits précédentes ressemblant aux autres : des tranches de mauvais sommeil endolori. C’est dire l’intensité de l’inflammation.

Et ensuite?

On ma injecté des corticoïdes directement dans le rachis, sous contrôle d’images radiographiques, j’ai repassé une IRM pendant laquelle je me suis endormi et j’ai fait, sous forme de liste, le résumé de mes misères rachidiennes.

D’où, également, la longueur de cet article et le temps que j’ai mis à en venir à bout, tout comme toi.

Au collège, l’ouvrier professionnel m’a gentiment construit une réhausse me permettant de travailler à l’ordinateur debout – et qui me donne accessoirement des allures de DJ…

J’ai rencontré une première fois Jacques Parier, rhumatologue parisien, qui a lu le résumé listé que je lui avais fourni et m’a dit en souriant qu’il avait bien connu Vincent Chassaing, le chirurgien aujourd’hui retraité qui a jadis opéré mon genou. Il a manipulé mes jambes, mes pieds – dont le droit, en position flex, n’a pas résisté pas à la pression de sa main, ce qui m’a inquiété – a constaté, réfléchi, préconisé un scanner et la fabrication d’un corset sur mesure  qu’on appelle un lombostat.

J’ai fait fabriquer le machin à l’adresse indiquée, derrière le Parc des Princes, par un prothésiste très sympathique qui a moulé sur moi la forme de résine que j’ai portée quatre semaines, sauf la nuit.

Avec la morphine et le valium, ça a fonctionné progressivement. Les anti-inflammatoires de l’injection m’ont soulagé aussi. Je me suis enfin mis à dormir vraiment et les séances de kiné avec Sandrine ont progressé.

Avant la deuxième rencontre avec le rhumatologue, j’ai passé un scanner à l’issue duquel il est apparu que L4 et L5 étaient beaucoup plus comprimées qu’avant et que mon canal rachidien était limite, parce que j’ai fabriqué de l’os dans cette zone. 

Lorsque j’ai revu Jacques Parier, il m’a toutefois trouvé en meilleure forme, m’a expliqué à l’aide d’un schéma ce qui m’arrivait, a arrêté la morphine et remis le mélange tramadol paracétamol en route. Il m’a également dit que, peut-être à l’avenir, il faudrait qu’un chirurgien aille me raboter un peu le rachis mais que ce n’était pas d’actualité.

Aujourd'hui

Je continue les séances avec Sandrine et je viens de parvenir à faire 300 bornes en voiture sans trop souffrir, pour aller donner des formations à Poitiers, où je termine enfin cet article entre deux ateliers, plus d’un mois après l’avoir commencé.

J’ai juste un gros torticolis : ça remonte… On va dire qu’on est au palier.

Quelle histoire.

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