Croisière plongée aux îles Raja Ampat9 mn de lecture

J’ai passé dix jours fantastiques de navigation et de plongée sous-marine dans l’archipel de Raja Ampat, à l’autre bout du monde. Je te raconte?

Sommaire

Localisation géographique

Raja Ampat est un archipel d’îles indonésiennes situé à l’est de Sumatra, Java et Bornéo et à l’ouest de la Papouasie Nouvelle Guinée, laquelle Papouasie se trouve, elle, au nord de l’Australie comme on le voit sur l’image ci-dessous.

Bon, j’en conviens : j’adore ce vieux globe terrestre des années 30 mais sa précision laisse un peu à désirer.

Voyons donc en ligne ce qu’on trouve d’un peu plus fin et contemporain.

C’est déjà plus clair. Raja Ampat se situe à la pointe de la flèche rouge.

L’archipel est bien détaillé sur la carte marine ci-dessous, où le feutre rouge retrace notre itinéraire. Les numéros pointent les lieux où nous avons jeté l’ancre et plongé plusieurs fois par jour.

Nous sommes restés six jours dans le sud, vers Misool – l’île nommée Batanme sur cette carte – à enchaîner des plongées coralliennes sublimes, coupés de l’extérieur faute de réseau, entièrement rendus à l’instant, abandonnés à la beauté du monde. Une rude épreuve. 

Pour en connaitre davantage sur ce merveilleux mais fragile archipel, je te recommande la visite de l’excellent site de Corinne Bourbeillon, Petites bulles d’Ailleurs. Plongeuse engagée et photographe de talent, connaisseuse de longue date de l’archipel, sa page dédiée à Raja Ampat est une extraordinaire mine de documentation. Mais pas de malentendu : cf. son point n°3 : « je ne suis pas une agence de voyage! » 

Se rendre à Raja Ampat

On rejoint Sorong, en Papouasie Occidentale, principalement grâce à l’avion et plusieurs compagnies desservent cette destination, notamment celles du Golfe devenues incontournables vers l’Asie.

De toute façon, quelle que soit la société retenue, depuis l’Europe, c’est long. Très long, particulièrement avec une crise de sciatique.

Mais voyons le plan de vol – et par commodité jacobine, je démarre la chose de Paris.

Premier charter : Charles de Gaulle – Doha, avec Qatar Airways, 6,30.

Quel aéroport étonnant que celui de Doha! Notamment ce jardin intérieur qui m’a fait penser à un décor de science-fiction des années 70.

En m’y promenant, j’ai immédiatement pensé à ce film de 1976, L’âge de Cristal. Ne manquait à ce beau parc intérieur que ces passagères en tenues légères et colorées dont j’avais gardé, jeune ado lors de la rediffusion du film à la télé, un souvenir excessivement  ému.

http://cinemamusiqueetcomedie.eklablog.net/l-age-de-cristal-a125618872

Mais à Doha, on préfère préserver la dignité des femmes. 

Dit autrement, si le décor est futuriste, l’ambiance est médiévale. J’exagère? Possible. Je te conseille alors la lecture de l’un de mes écrivains contemporains préférés, Boualem Sansal. Lis 2084 par exemple, ça te distraira utilement le temps du vol – la sélection de films est une calamité. Bien entendu, si tu préfères regarder Fast and Furious 28, fais-toi plaisir. De toute façon, la vie est courte quand on vole en Boeing 737.

Et livre ou vidéo, qu’importe : on continue vers Jakarta avec Qatar Airways toujours : 8,30 de vol cette fois.

A Jakarta, on passe les huit heures d’escale dans un hôtel de l’aéroport. En ce qui me concerne, j’ai tellement morflé dans l’avion, à cause de ma sciatique, qu’après la douche, je m’enfile tout un tas de comprimés stupéfiants et hop : je disparais de la surface du globe pour six heures d’anesthésie générale.

Passée cette pause réparatrice, retour dans le hall de l’aéroport. Gavé d’opiacés et rasé de frais. Et on en reprend pour 2300 kilomètres et 4,30 de vol avec Garuda Indonesia.

Sur quoi, enfin, tout arrive et surtout nous : un peu plus de trente heures après notre départ initial de Roissy – décollés un mardi à 15 heures et arrivés un jeudi à Sorong à 6h10 – des minibus nous emportent…

… en un petit quart d’heure au port de Sorong…

… où nous prenons illico place sur les boudins de zodiac pour découvrir à l’arrivée le magnifique bâtiment à bord duquel nous allons passer dix jour et qui nous apparaît soudain dans toute sa splendeur romanesque.

Le SMY Ondina. Auquel je consacre un article complet accessible ici, ou en bas de page.

Un peu de géologie

L’archipel des Raja Ampat est constitué de grosses îles, comme on le voit sur la carte marine de notre itinéraire présenté dans le premier paragraphe, et de milliers de petites îles, voire d’îlets, toutes et tous karstiques, c’est à dire constituées de calcaires que l’érosion a ensuite patiemment laminé.

copyright jean-claude ringenbach 2024

C’est l’un des passagers plongeurs, Jean-Claude, géologue, qui nous a expliqué la formation de ce paysage singulier :

« Erosion quaternaire et remontée de l’eau depuis la fin de la dernière glaciation. Le fond à 40 mètres devait être une plaine comme la Mer du Nord à l’époque…. mais pas avec les mêmes troupeaux. Les calcaires sont globalement Miocène et plissés au Pliocène. »

Jean-Claude nous a également renseigné, le temps d’une veillée captivante d’après-dîner, sur la zone tectonique hyper instable et toujours très active où nous nous trouvons.

Là où l’érosion a rendu les abords inexpugnables, la forêt primaire n’a pas pu être ravagée par l’Homme. Au sud, vers Misool, ces îles sont donc encore surmontées d’une végétation quasi préhistorique qui leur confère un charme extraordinaire. 

NB : à l’avant du zod, je te présente Arnaud, directeur plongée français installé à Bali, très pro et d’une sympathie exceptionnelle. 

Toutes ces îles sont colonisées par le corail qui les entoure et forme des platiers d’une richesse extraordinaire – ce sont les zones turquoises sur la photo ci-dessous – plateaux dont les rebords se brisent en pentes sous-marines semées de gorgones-éventails gigantesques, formant des tombants qui atteignent le fond sableux généralement à 40 mètres, parfois 50 max.

copyright jean-claude ringenbach 2024

On ira voir bientôt à quoi ça ressemble sous la surface – on est même là quasi exclusivement pour cela – mais pour l’heure, restons encore un peu en l’air : Jean-Claude a apporté un petit drone dont les images aériennes nous permettent de voir ce que nous ne pouvons pas distinguer depuis le niveau de la mer.

Ouvrons donc des ailes imaginaires et volons au-dessus du paysage!

copyright jean-claude ringenbach 2024
copyright jean-claude ringenbach 2024
copyright jean-claude ringenbach 2024
copyright jean-claude ringenbach 2024
copyright jean-claude ringenbach 2024

Les plongées

Après la première immersion d’adaptation au pied d’un caillou couvert de végétation…

… où l’on rencontre une profusion incroyable de comatules, tant en quantité qu’en variété, dont les plumes de celles-ci m’ont fait penser, amusé, à une embuscade d’indiens dans un western des années 50…

… nous allons enchaîner quatre plongées par jour en comptant la plongée de nuit – que pour ma part, je ne ferai exceptionnellement pas, sauf à Arborek, pour m’économiser du fait de la sciatique.

Les plongées, dont tu trouveras le détail dans cet article complémentaire, sont évidemment toutes différentes, mais elles ont en commun des jardins coralliens délirant de beauté…

… de fascinantes créatures microscopiques.

Pour plonger, nous approchons les secteurs rocheux en zodiac et les mises à l’eau se font classiquement, en bascule arrière.

Parfois, du fait du courant, les entrées dans l’eau sont négatives : cela signifie qu’on vide intégralement le gilet et qu’on palme à l’envers pour se retrouver à cinq ou six mètres sous la surface et ne pas dériver en manquant le récif. J’adore! Evidemment, ceux ou celles qui souffrent des oreilles aiment beaucoup moins, fatalement. 

copyright olivier mairal 2024

Certains îlets ont des formes amusantes, tels celui-ci, qui ressemble à un nudibranche et que quelqu’un a donc logiquement surnommé… nudi rock.

Voici à quoi ressemble nudi rock dessiné au tableau, pour le briefing, sous le feutre d’Arnaud.

Iles et îlets

On a pu voir plus haut, grâce aux images aériennes prises par le drone de Jean-Claude, à quoi ressemblent les terres entre lesquelles on navigue et autour desquelles on plonge.

Mais on les aborde aussi, par moment. Ainsi de cette petite île déserte, à la plage paradisiaque, fréquentée par quelques rares passagers des autres bateaux de plongeurs ancrés dans le secteur.

La végétation de celle-ci me rappelle les Seychelles, l’île de Praslin notamment.

Les eaux chaudes et peu profondes servent de nurserie aux requins de récif, qu’on appelle communément des pointes noires, mais parmi lesquels ma nardinamouk de sciatique m’empêche d’aller nager – sous l’eau pas de problème ; en surface, la lordose rallume la douleur. Fait ch…

Je longe donc la plage en ramassant des fruits étranges et autres bouts de corail qui viendront au retour alimenter les collections de trésors enfantins que je stocke à la maison, dans les tiroirs de mon cabinet de curiosité.

Mais il n’y a pas que du corail et des fruits sur la plage.

Certaines laisses de mer, hélas, donnent à voir également la triste réalité du surdéveloppement touristique. Just throw it. 

Ce sera même assez marquant au nord, dans le secteur de Kri, où je ramasserai sous l’eau pas mal de déchets plastiques effilochées dont j’emplirai les poches de ma stab. Je les mettrai à la poubelle de retour sur le bateau, mais ensuite, ces poubelles, elles iront où?

Certaines îles sont habitées. Roots, paisibles, elles ont des allures de bout du monde et me rappellent le Mexique d’autrefois, telle Arborek, dont la fin de plongée sous le ponton est par ailleurs absolument incroyable en matière d’ambiance.

Cette photo extraordinaire, prise par Dalila au reflex, en rend parfaitement le caractère onirique.

copyright dalila bensammar 2024

Sortons de l’eau et promenons-nous sur Arborek.

copyright marie-laure rondeau 2024
copyright marie-laure rondeau 2024

Ça donne envie de poser son hamac, non?

Passagers et palanquée

Nous étions seize passagers au total, ici mélangés pour partie à l’équipage.

copyright jean-claude ringenbach 2024

Quatre étaient venus seuls, via l’agence de voyage, et pour les douze autres, nous nous étions mutuellement cooptés à partir de rencontres antérieures sur des bateaux, ce qui nous avait permis d’obtenir une réduction globale. Manquaient à l’appel Denis et Anne, rencontrés aux Maldives et retrouvés à Lanzarote, forfaits involontaires sur ce séjour mais qu’on retrouvera sur un prochain projet équatorial.

Les seize plongeurs étaient répartis en 3 groupes, accompagnés à tour de rôle par Arnaud, déjà croisé plus haut, et Onong ou Dovan, moniteurs indonésiens.

Dans notre groupe, nous étions trois binômes : il y avait Maé et Marie-Laure.

Voici Maé sous l’eau. Totalement zen : mêmes ses signes « ok » ressemblent à des mudras!

Et Marie-Laure : photographe enthousiaste.

Deuxième binôme : Dominique et Dominique. 

Dominique H, de Liège, à droite sur la photo, est reconnaissable à son masque et ses palmes roses : plongeuse chevronnée, elle est une habituée des obscures carrières belges à 9 degrés. Brrr.

Dominique C, elle, est une spécialiste des oublis variés tels que différents matériels sans importance : son lest, ses palmes, j’en passe – et même la consultation de son manomètre, parfois.

Ludion subaquatique, elle est reconnaissable à… Elle est reconnaissable, tout court.

Dernier binôme : ton serviteur, et François, bien entendu.

Articles complémentaires

Conformément à la réflexion que j’ai exposée dans cet article du bazar,  je segmente désormais mes rédactions pour les rendre moins longues : la présentation générale te donne une idée d’ensemble et les articles complémentaires te permettent d’aller lire en détail ce qui t’intéresse le plus, le tout sans plomber le chargement du site.

Bonne suite de lecture, donc!

Films

Vincent et Olivier, préférant la vidéo à la photographie, ont tout deux réalisés des films magnifiques sur notre croisière. Je leur suis très reconnaissant de ce partage.

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